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Mémoire, Documentation et Archives de Laghouat

A travers ces pages, vous allez découvrir Laghouat, la porte du désert, une cité saharienne de l'Algérie, une ville du Xe siècle dont le nom a une origine plus ancienne encore. Ceci est un blog où je me contente de commenter des événements, illustrer des faits, partager des documents pour l'histoire dans le but d'aider en documentation nos chercheurs dans leur travaux académiques.

Articles avec #histoire catégorie

Un « Chef de tribu » Parlementaire

Publié le 31 Juillet 2017 par Bachir Rouighi dans Histoire

Un « Chef de tribu » Parlementaire

Il est vrai que Laghouat a eu beaucoup d’hommes valeureux, qui œuvraient à sa prospérité et son progrès, à travers toutes les époques de son histoire. On a beaucoup parlé de ses habitants tenaces et hostiles à tout occupant, ses descendants des Gétules et de Hillal ibn Ameur, les maîtres du désert. Ainsi que de ses cadres et petits fonctionnaires qui ont servi honorablement leurs concitoyens, ses notabilités, ses hommes de culture...

A côté de ceux-là, il existe d’autres hommes que la tendance moderniste les a qualifiés de « vieux turbans ». Ces derniers se sont consacrés à la chefferie de leurs tribus et leurs territoires. Toutefois, ce qui est remarquable  c’est  que  ses  chefs  aux  fonctions  administratives  étaient Aussi des « hommes politiques ». En effet, je cite que par  exemple   le   chef   des   Larbaâ   était   un « parlementaire ».

Un « Chef de tribu » Parlementaire

Il s’agit de Si el hadj Lakhdar ben Mohammed ben Tayeb, ce notable local de Laghouat assumait en plus de sa charge de chef de confédération de tribus, celle de membre des délégations financières algériennes.

 

Hadj Lakhdar entra aux délégations financières algériennes, à l’âge de 62 ans. Il y siégea de décembre 1898 à décembre 1904. En 1904, par exemple, Il présida la séance du 7 mars 1904 comme doyen d’âge. Il était représentant  de  la  section  arabe  et  faisait  parti  de  la  commission 

« agriculture, commerce et industrie, postes et télégraphes, colonisation et forêts ».

Un « Chef de tribu » Parlementaire

Son entrée à ce quasi-parlement est motivée d’abord par ces fonctions administratives, étant le chef d’une importante confédération de tribus. Puis par son appartenance à une famille de la noblesse militaire algérienne. Ce sont les critères d’élection à ce moment-là. Ce qui nous rappelle, sans doute, les premières assemblées à caractère aristocratique de l’ancien régime, ancêtres de parlements puissants d’aujourd’hui.

Il faut dire que dans ce parlement embryonnaire, les délégués ne proposaient pas des lois, comme il est coutume dans la tradition parlementaire, car le gouvernement colonial limitait leurs interventions sous formes de vœux. Ils usaient, alors, pleinement de cette prérogative et n’arrêtaient pas d’émettre des vœux sur divers points de vue. Plus particulièrement, lorsqu’il s’agit du culte musulman (création de mosquée, médersas, enseignement coranique, nomination d’imams et de mouderess…) ou encore des intérêts économiques (développement des voies ferrées, propriété collective, propriété archs…).

Les délégations algériennes sont créées par décret du 23 août 1898, le but de cette nouveauté dans le système colonial était d’apporter à son gouvernement des « opinions libres » sous forme de vœux directes des représentants des contribuables algériens.

Si el Hadj Lakhdar FERHAT, notre premier parlementaire est en 1836, appartenant à une famille très ancienne de la région, il a administré les tribus Larbaâ, jusqu’à son décès le 28 avril 1914.

 

                                                                                                    Bachir Rouighi

Un « Chef de tribu » Parlementaire
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Aperçu sur le pouvoir et la chefferie locale à Laghouat

Publié le 27 Janvier 2017 par Bachir Rouighi dans Histoire

Aperçu sur le pouvoir et la chefferie locale à Laghouat

Laghouat, longtemps décrite et appréciée pour ses oasis, ses beaux jardins, ses ksours élevées sur des pitons..., avait aussi une organisation, des institutions, des çoffs...etc. En somme, Laghouat était une ville fortifiée et organisée. Elle tirerait cette organisation des us et coutumes de la gestion de la chose publique, pratiquées par les berbères et ancrés par les romains en Afrique du nord. 

De ce fait, il est libre d'affirmer que la municipalité existait en Afrique du nord et dans le Sahara bien avant l'arrivée des romains, les concepteurs de la chose publique. En effet, les berbères avaient connus la société organisée et la vie commune dans leurs villes ou villages fortifiés, parmi lesquels, les ksours sahariens.

Sur ce sujet, la sociologue Odette Petit nous affirme que dans une oasis saharienne -le petit corps politique est exclusivement municipal ; il n'y a de vie commune que dans la même enceinte de murailles. L’élément autonome est le village- et -la seule institution organisé est la Djemaa-, Ce qui me pousse à dire que le ksar ou l'oasis était muni d'un organe politique équivalent au sénat de Rome ou de Carthage. Pour ce qui est du pouvoir et du commandement, il est entre les mains d’une chefferie locale; et c’est le cas pour Laghouat, où le cheikh ou bien les cheikhs de chaque çoff exécutait les décisions de la Djemaa. Ces chouyoukhs détenaient les prérogatives des suffètes carthaginois ou Consuls romains.

Certaines cités sahariennes comme Ouargla et Touggourt avaient été organisées en Sultanat. Autrement dit, elles ont connu un gouvernement plus développé. Aux Zibans (pays de Biskra), deux grandes familles se disputaient le pouvoir et le titre héréditaire de « Cheikh El-arab », Les Bengana et les Bouakkaz. Toutefois, ces pouvoirs portaient allégeance aux beys et à la régence d’Alger. C’était, une sorte de force qui sauvegardait la paix dans les pays lointains de la régence et lui garantissait la perception de l’impôt. Ils levaient les colonnes appelées mhallas nécessaires au maintien de l’ordre et la récupération de la lezma.

Revenant à Laghouat, celle-ci était composée de deux çoffs : Ahlafs et Oulad Serghin. Chacun avait son cheikh et sa Djemaa. Le çoff est le parti, c’est-à-dire la communauté politique où se retrouvent les mêmes intérêts à défendre dans une municipalité à l’image du ksar saharien. C’est aussi tout un système d’alliances avec des tribus qui se rangeaient aux côtés de tel ou tel çoff, mais aussi ces çoffs basculaient la suzeraineté du côté de tel ou tel pouvoir suprême et dominant, ce qui créait une instabilité du pouvoir, une dépendance et une suprématie des protecteurs. Ce système administratif est le protectorat.

Limitons nous sur l’histoire du pouvoir à Laghouat pour dire que ce pouvoir de la ville, longtemps disputé entre les deux partis, fut unifié à partir de 1828. Une fois entre les mains du Cheikh des Ahlafs , Si Ahmed ben Salem ben Maamar ben Zaanoun, le pouvoir est détenu par le Cheikh de Laghouat ou mokkadem de Laghouat comme le précise certaines sources vis-à-vis de la confrérie Tidjania, sans nul doute.

Une petite analyse des péripéties de l’histoire administrative de la ville de Laghouat depuis sa fondation est nécessaire pour comprendre l’importance de ce pouvoir unifié dans l’histoire de Laghouat.

En effet, depuis sa fondation comme ville fortifiée vers 1700, Laghouat n’a pu être commandée par un seul pouvoir. Malgré les murailles et le pouvoir spirituel de Sidi el Hadj Aissa et son ascendant, le pouvoir temporel est resté lié aux dissensions séculaires des Ahlafs et Ouled Serghin, dont les familles influentes et les chefs s’alliaient avec l’un ou l’autre des pouvoirs forts de la région. Les faits ne manquent pas pour illustrer cette histoire de discorde entre les chefferies locales. Sur ce point je vous laisse lire ce que dit le docteur Huguet à propose de la lutte des çoffs, dans cet extrait de son article qui retrace toute l’histoire du pouvoir à Laghouat, à partir de 1700 jusqu’à l’avènement de Si Ahmed ben Salem El-Zannouni « en 1708 le sultan marocain Mouley Ismaël, qui parcourait le Sahara, vint camper à l'Ouest de la ville qui lui paya tribut. A cette époque, Laghouat était divisée en deux partis : d'un côté les Oulad Serghin comprenant les Djeghâmis, fraction des Ksal; les Beddara, les oulad Sekedal, fraction des Oulad Zid, les Felidjàt venus de Tunis ; de l'autre les H'alaf (Confédérés) composés des Oulad Sàlem venus du Gourara, des Oulad Kherig du Ferdjioua (Constantine), des Meghâreba de Figuig. A des jours fixés, ils se livraient des batailles dans les jardins de l'oasis. »

« Tandis que le quartier des H'alaf était longé parla prise d'eau, celui des oulad Serghin ne pouvant être ravitaillé, était dans de très mauvaises conditions pour pouvoir recueillir l'eau nécessaire à l'arrosage des jardins. L'unique objectif était pour tous la prise de possession de la dérivation de l'Ouest Mzi; les quartiers des H'alaf et des Serghin formaient pour ainsi dire deux villes ayant chacune leur marché, et s'administrant chacune par une Djemàa.

Continuellement en discussion, saus cesse aux prises, les deux quartiers ne cessaient de se battre que lorsque l'un d'eux épuisé se résignait à subir la suprématie de l'autre; le parti vaincu se soumettait alors aux conditions imposées par le vainqueur jusqu'à ce qu'il eût repris l'espoir d'avoir 1« dessus dans une nouvelle lutte. Les H'alaf comptaient dans leur sein une famille importante et vénérée, originaire des Gourara, qui avait pour chef, vers la fin du xyii" siècle, le nommé Zaanoun ben Nin. Cet homme fut placé à la tête de la Djemda des H'alaf, qui lui laissa un pouvoir à peu près absolu; en 1730 l'empereur du Maroc lui donna même un cachet.

A peu près à la même époque, un Marabout de Tlemcen, dont la mère était fille de Si El Hadj bou Hafs, des Oulad Sidi Cheikh, vint se fixer à Laghouat dans le quartier des Oulad Serghin. Son infiuence était considérable dans tout le pays et Si El Hadj Aïssa, malgré son caractère bouillant et emporté, était consulté par tous dans les affaires importantes.

A partir de ce moment, au\ motifs anciens de querelles qui existaient entre les H'alaf et les Oulad Serghin, vinrent donc se joindre les questions personnelles de compétition, de pouvoir et d'influence des Oulad Zahnoun et de Si El Aadj Aïssa. Ces querelles sanglantes exigèrent plusieurs fois l'intervention des beys turcs.

En 1797, le Bey Mohammed El Kébir d'Oran, après un échec subi par le Bey Mustapha de Médéa, vint s'emparer de Laghouat et des Ksourde l'Oued Mzi qui avaient refusé depuis quelques années le versement de l'impôt annuel de 700 réaux dont le paiement avait été consenti par eux au gouvernement turc depuis 1727.

Contraints par la force, les habitants durent consentir à acquitter à la fois l'indemnité de guerre et un impôt annuel. L'autorité fut partagée entre deux Cheikhs : l'un Ah'med Lakhdar, serviteur dEl Hadj Aïssa, pour les Oulad Sorgtiin; l'autre, Saïh ben Zahnoun pour les H'alaf. On comprend que cette disposition favorisa les guerres civiles qui reprirent de plus belle.

Le bey ayant dû revenir en 1798 prit parti pour les H'alaf et détruisit le quartier des Oulad Serghin qui se réfugièrent à Tadjmout. Mais six mois après le départ du bey, les Oulad Serghin, à la faveur d'une surprise de nuit, se réinstallèrent dans leur quartier. La guerre continua ainsi pendant quatre ans entre les deux partis avec des alternatives de succès et de défaites pour les deux soffs qui s'adressèrent chacun au gouvernement turc pour obtenir son appui. Le bey Osman gagné par les Oulad Serghin vint donc en 1803 combattre les H'alaf qu'il expulsa de Laghouat. Mais, à son départ, ces derniers revinrent occuper leur quartier dans lequel ils se fortifièrent.

De plus, Saïh ben Zahnoun et son frère Mammar, afin de gêner les gens d'El Assalia qui avaient pris parti pour les Oulad Serghin, fortifièrent le Ksar d'El Hiran qu'ils peuplèrent de leurs partisans. Cependant, peu après, Saïh et Mammar furent tués, et leurs petits-enfants se réfugièrent à Fei pour éviter le même sort. Saïh n'avait pas de fils; Mammar n'avait eu qu'un fils nommé Salera qui était mort avant son père.

Les deux fils de Salem, Ahmed et Yahia, restèrent quelques années en exil, puis ils furent rappelés par leur parti qui subissait péniblement le pouvoir des Oulad Serghin dirigé par Ahmed Lakhdar. Ahmed ben Salem, dont l'esprit politique commençait déjà à apparaître, fit demander et obtint en mariage la fille d'Ahmed Lakhdar, lequel à la suite de cette alliance permit le retour d'Ahmed et Yahia à Laghouat, mais à la condition qu'Ahmed n'exercerait pas seul le commandement des H'Alaf et qu'il aurait deux conseillers nommés par Ahmed Lakhdar.

A peine arrivé au pouvoir, Ahmed Ben Salem se débarrassait de ses deux conseillers; Ahmed Lakhdar mourait assassiné, dit-on, d'après les ordres d'Ahmed ben Salem qui prit avec ses adhérents la suprématie sur les deux quartiers de Laghouat (1828). Grâce à l'habileté politique d'Ahmed ben Salem, les deux partis n'ayant plus que lui pour chel' parurent oublier leurs anciennes querelles. Ahmed ben Salem gouverna Laghouat sans opposition et commanda à tous les Ksour environnants. Du reste, il donna à Laghouat une prospérité inconnue avant lui. Les caravanes du Sud revinrent s'y approvisionner et y échanger leurs produits; les nomades y déposèrent leurs grains » (HUGUET (J. Dr). Les soffs du Tell et du Sahara, revue de l’Ecole d'Anthropologie., nov. 1907, pp 374, 375 et 376)

Je reviens à notre cheikh Ahmed ben Salem donc, maintenant que vous avez pris connaissance des circonstances de son avènement au pouvoir de Laghouat, pour constater que ce fait historique est tout à fait notoire pour l’étude du pouvoir politique et administratif dans une cité saharienne. C’est à partir de 1828 que commencent les prémices d’un pouvoir unique avec une organisation solide où selon le lieutenant Mangin « L’autorité entre les mains d’un seul fut un heureux événement pour Laghouat, et malgré une certaine inimitié qui subsista entre les deux parties, le calme et la paix régnèrent dans la ville. Les caravanes arrivèrent en grand nombre, apportant les produits du Sud en échange des denrées venues du Tell. Les Arabes nomades vinrent de tous côtés déposer leurs grains chez les Beni-Laghouat, et, pendant plusieurs années, Ahmed-ben-Salem réussit à maintenir une paix profitable et à faire respecter son autorité ». Jusqu’au jour malheureux où le cheikh Bensalem, sa ville et son guide spirituel Tidjani se trouvaient confronté de nouveau à une lutte de pouvoir. C’était au moment de la consolidation du nouvel Etat algérien, celui de l’Emir Abdelkader, crée à la suite de l’effondrement de la régence d’Alger et du pouvoir ottoman. Avec cet évènement, la lutte des çoffs était de retour et l’ancien çoff des Serghine prenait le pouvoir en 1837, représenté par le Marabout Si Larbi ben Bouhafs ben Boumediène ben Sidi el Hadj Aissa, et par cette allégeance à l’Emir Abdelkader, ce dernier consolidera son pouvoir dans le Sahara, créant ainsi le Khalifalik du Sahara sous la direction de Hadj Larbi ben Bouhafs et ayant Laghouat comme capitale.

Ceci ne durera pas longtemps, et Ahmed Ben salem revient au pouvoir en 1839, mais l’espoir de voir naître un grand cheikhat de Laghouat est de plus en plus menacé. Ahmed ben Salem tentera une dernière opportunité pour assurer la souveraineté de Laghouat est ses dépendances, cette fois-ci avec les français conquérants du nord du pays et probablement des nouveaux protecteurs. En 1844, Ahmed ben Salem est proclamé Khalifa de Laghouat et ses dépendances suite au traité avec le Général Marey monge, chef de la subdivision de Médéa. Nommé officiellement Khalifa de Laghouat au nom du roi français par ordonnance royale du 16 août 1844, son Khalifalik est organisé le 27 mai 1846 en trois Aghaliks commandés par trois Aghas : Yahia ben Maamar ben Zaanoun pour l’Aghalik des Ksours du sud ; Ben nacer ben Chohra, pour l’Aghalik des Larbaa ; Messaoud pour l’Aghalik du Djebel Amour. Messaoud remplaça l’Agha Djelloul ben Eddine, mais fut destitué par Bugeaud le 2 mai 1847 et remplacé par l’Agha Djelloul qui ne dépendra plus du Khalifalik de Laghouat depuis cette date.

A mon avis, le livre de Mangin sur l’histoire de Laghouat est plus plausible pour raconter cet épisode crucial de l’histoire du khalifalik de Laghouat, mais aussi le rang et le rôle de Si Ahmed ben Salem dans l’édification d’un khalifalik, dans une période de tension accrue ! Je vous laisse lire ce témoignage historique du lieutenant Mangin sur le Khalifa Ahmed ben Salem. « Malheureusement, ces excellents conseils ne tardèrent pas à être oubliés, et de grands malheurs fondirent sur les Beni-Laghouat » Toute l’histoire de son maintien au pouvoir et son combat pour son édification est relaté par le lieutenant Mangin dans ses notes sur l’histoire de Laghouat, dont voici ci-joint un extrait du volume 38 et 39 de la revue africaine qui traite de cette période de 1844 à 1852.

Cet extrait se termine par ces circonstances « Ahmed-ben-Salem tomba malade à Boghar et y mourut. Ses funérailles eurent lieu à Laghouat. Tedjini y assista, … »

Je conclue, en disant que la vie d’Ahmed ben Salem, mérite d’être repenser, ces actes et les faits auxquels il avait participé doivent être mis en valeur afin d’écarter tout équivoque sur les valeurs intrinsèques de ce chef traditionnel.

Ahmed ben Salem ne s’est jamais retiré de Laghouat pour Médéa, il y fut ramené de force par le Général de Ladmirault après le retrait de la colonne en avril 1852 et mort à Boghar certes, en mai 1852. 

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Mise au point au sujet de Kasbet Benfetouh

Publié le 20 Janvier 2017 par Bachir Rouighi dans Histoire

Je me vois obligé de vous écrire de nouveau sur Kasbet Benfetouh, et dire :

Le sujet précédent sur kasbat Benftouh a suscité une attention particulière de la part de Messieurs Ahmida Mimouni et Mohammed Hadj Aissa, qui par leur esprit critique et jugement rationnel ont cherché la meilleure formule de repenser le sujet, celle de l’intérêt historique, visant à impliquer l’historien – de formation et de métier – dans cette question posée.

Je les remercie infiniment pour cette vielle informationnelle.

Suite à cela je peux dire que  :

Kasbet Benftouh a bel et bien existé, un ksar comme tous ces bourgs sahariens, implanté sur une hauteur. Cette éminence est le piton de Sidi Yagoub ou Sidi Hakkoum (Une relation existe entre ces deux personnages d’après un descendant (Keciba). Cf au blog de l'histoire et de la culture de Laghouat www.sidielhadjaissa.com).

Toujours d’après une information généalogique recueillie par la sociologue Odette Petit, ce ksar est fondé par l’ancêtre des Thelidji vers 1650 et portait le nom d’un des fils de Thelidji, Bentettah.

Cependant, le ksar de Benfettah fut détruit. Ceci est un fait réel, mais pour quelle raison ? Laissant la légende de côté, et essayant de trouver des réponses. La destruction par le vent pourrait être retenu et me parait plausible, par rapport à l’endroit où se trouvait le ksar, on peut associer au vent, la crue de l’oued par exemple. Ce sont des phénomènes naturels  qui engendrent la catastrophe.

Après la catastrophe, c’est la fin du ksar. Certes ces gens ont disparus ! le ksar étant anéanti. Mais comment ? Il y a eu des morts certainement parmi la population, mais aussi des émigrés vers d’autres lieux : dont il y a une progéniture à Laghouat et selon une information du Docteur Bediar Bachir, les Bendjellab de Touggourt ont eux aussi quitté le ksar après sa destruction.

Je reprends les termes de Monsieur Ahmida Mimouni pour dire – il faudra toujours, toujours, laisser le dernier mot à l’historien de formation et de métier-

Je termine, pour dire, Merci , à Monsieur Ahmida Mimouni et Monsieur Mohammed Hadj Aissa, pour leur regard critique et pertinent ainsi que leur éclairage.

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Le Ksar Kasbet Ben Fetouh

Publié le 18 Janvier 2017 par Bachir Rouighi dans Histoire

Piton de SIdi Yagoub, le mausolée de SIdi Hakom

Piton de SIdi Yagoub, le mausolée de SIdi Hakom

Comme disait Alain, l'essayiste et philosophe français " La légende est à mes yeux plus vraie que l'histoire ", je dirai que tout ksar a sa légende qui explique son histoire.

Casbah Ben Fetouh ou bien Kasbet Ben Fettah comme son nom l'indique est un ksar qui était implanté sur le piton de Sidi Yagoub dans le lit de l'oued M'zi. C'était aussi l'un des ksours de Laghouat (Ksours environnants) comme  Bedla, Nedjal, Sidi Mimoun, Boulendala...

Sa légende ne renvoie pas à sa fondation mais à sa destruction. Il était renommé par l'histoire de son Cheikh qui avait un fils Ali ben Bellag ou bien Ali ben Bellagh d'après une transcription en langue arabe du Docteur Bachir Bediar. Ali avait cherché à épouser la fille d'un vénérable et pieux marabout Sidi Naceur, du ksar de Benboutta, le noyau de Laghouat. Cependant, le vieux marabout la lui refusa et lui préféra un autre jeune homme de son ksar, Said ben Bouzahar. Une fois que le jour de ces noces était fixé, Ali ben Bellagh n'accorda aucune indulgence commettra son acte désespéré. Il tua Said et enlevera Djohra, la malheureuse fille de Ennaceur. Le drame se termina par la fin d'Ali et de Djohra. On rapporte que ce ksar n'existait plus après cette tragédie, ces habitants se sont vus dispersés dans l'extrême sud sur les lieux de Ghadamès, maudits par Sidi Ennaceur. Ainsi, commence une autre légende celle de la fondation de Ghadamès, créée après cette diaspora des gens de Kasbet Benftouh et d'autres d'autres gens du Fezzan Libyen.

Pour plus de plaisir, je vous propose de lire ces pages du livre de Jean Mélia, Laghouat où les maisons entourées de jardins, à propos de cette légende. (pages jointes).

Revenant à l'histoire, passé par Laghouat, le jeudi 8 septembre 1709 Ahmed Ben Nacer Darï, le voyageur-pèlerin avait noté dans ses chroniques que - Laghouat est une ville considérable, qui possède un immense territoire bien cultivé, et qui produit des fruits de tout genres. Mais il fait beaucoup de vent dans cette contrée, et il ya beaucoup de sable. Un de leurs fakih vieillard de quatre vingt seize ans, Sidi Ahmed ben Bouzian, m'a raconté que jadis les vents avaient détruits de fond en comble un bourg qui était près de Laghouat. On ne sait où le vent a emporté ces habitants, dont il ne reste pas même de traces. On assure que cette catastrophe arriva parce qu'un marabout les avait maudits. Le tombeau de ce personnage est encore en ce lieu, et il y a un bâtiment auprès. C'est un endroit généralement connu. Que Dieu nous protège par sa bonté !- (Voyage de Moulaï Ahmed, traduction de Berbrugger). Je n'oublie pas de joindre ici un passage de la Rihla Nassirya en arabe, afin de vous permettre de comparer les deux textes sur Laghouat. La légende est ainsi confirmée. Toutefois, pour ce qui est des habitants, on ne peut être affirmatif sur leur disparition totale puisque une descendance des leurs  existe jusqu'à nos jours; les Thelidji. D'autre part, Bachir Bediar m'a affirmé que les Ben Djellab, la dynastie des sultans de Touggourt seraient originaires  de ce vieux Ksar et je lui laisse le soin de nous faire part de cette information dans son prochain écrit en préparation. Enfin, qui est Sidi Ennaceur? On avance que ces événements se sont passées vers 1666. Pourquoi toute cette exactitude. D'où l'on tient toutes ses affirmations?

 

Jean Mélia, Laghouat ou les maisons entourées de jardins, pp 24,25,26,27.
Jean Mélia, Laghouat ou les maisons entourées de jardins, pp 24,25,26,27.
Jean Mélia, Laghouat ou les maisons entourées de jardins, pp 24,25,26,27.
Jean Mélia, Laghouat ou les maisons entourées de jardins, pp 24,25,26,27.

Jean Mélia, Laghouat ou les maisons entourées de jardins, pp 24,25,26,27.

الرحلة الناصرية أبو العباس أحمد بن محمد بن الناصر الدرعي، تحقيق عبد الحفيظ ملوكي، دار السويدي للنشر والإشهار،أبو ظبي، 2011
الرحلة الناصرية أبو العباس أحمد بن محمد بن الناصر الدرعي، تحقيق عبد الحفيظ ملوكي، دار السويدي للنشر والإشهار،أبو ظبي، 2011

الرحلة الناصرية أبو العباس أحمد بن محمد بن الناصر الدرعي، تحقيق عبد الحفيظ ملوكي، دار السويدي للنشر والإشهار،أبو ظبي، 2011

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A propos de la mosquée de Sidi Moussa à Laghouat

Publié le 14 Janvier 2017 par Bachir Rouighi dans Histoire

Dans un précédent article sur les mosquées sur le groupe mémoire, documentation et archives de Laghouat ainsi que sur ce blog, on a abordé les noms des anciennes mosquées de Laghouat avant 1852. Dans une proposition de notre ami l'architecte Monsieur TAKHI belkacem, le nom donnée pour l'une des  mosquées de Laghouat en 1844, à savoir Sidi Moussa, est celui de la mosquée des Ahlafs, appelée par la suite El-Khalifa, par référence au titre du chef de la confédération des Larbaa, le Khalifa Ferhat Djelloul ben Lakhdar qui a joué un imminent rôle pour récupérer cette mosquée reconvertie depuis la conquête en une église puis un dépôt.

L'essentiel, notre informateur qui a bien positionné ces mosquées et leur toponymie sur un plan de l'ancien kasr de Laghouat n'a pas tort. Et il s'agit ici de Sidi Moussa ben Hassan El-Darkaoui.

Dans deux documents différents, on a la justification de cette appellation donnée à la mosquée des Ahlafs :

Commençant par une biographie de ce personnage rapportée par Berbrugger qui a interrogé Hadj Kara, le mufti de Dellys en octobre 1855 à ce propos et Gorguos en a traduit le récit, publié  dans un article paru dans le numéro 1 de la revue africaine en 1856, sur Moussa El-Derkaoui et l'émir Abdelkader en 1835 où il est dit qu' " il alla à Laghouat où il s’attacha à la mosquée des Ahlaf, une des deux tribus de cette oasis ; il y remplit l’office de moueddin, appelant aux cinq prières, avec les modulations vocales usitées dans l’Orient. Ce chant étranger plut beaucoup aux gens du pays qui lui apportaient sa nourriture dans la mosquée où il habitait, sur une des nattes du temple " (revue africaine n° 1, 1856, p 46).

Ajoutant aussi ce que Trumelet avait confirmé dans son livre l'Algérie légendaire au sujet de Sidi Moussa - Pendant son séjour à Laghouath, Sidi El-Hadj-Mouça prenait plaisir à remplir l’office de moudden à la mosquée  des Ahlaf, appelant aux cinq prières canoniques avec les modulations vocales usitées dans l’Orient. Tout le quartier des Ahlaf était dans le ravissement, et se pressait dans les rues ou sur les terrasses pour entendre, chaque jour, cet harmonieux appel à la prière. Son talent pour jeter l’adan aux quatre points cardinaux ne fut certainement pas étranger au succès de son prosélytisme dans le ksar de Lagouath -(Trumelet, l'Algérie légendaire, 1892, p 306).

Venu à Laghouat en 1829, muezzin à la mosquée des Ahlafs, initiateur et chef de la confrérie Darkaoua (Chadhoulia) à Laghouat, fervent résistant décédé dans le siège et la bataille de Zaatcha en 1849. Son nom a été donné à la mosquée des Ahlafs. 

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Quelques détails historiques sur les fortifications de Laghouat jusqu'en 1852

Publié le 14 Janvier 2017 par Bachir Rouighi dans Histoire

Depuis la visite du voyageur-pèlerin Abdallah ben Mohammed El-Ayachi en 1662, on sait que Laghouat était une immense et florissante oasis et une ville entourée de murailles. Ce qui revient à dire que c'était un grand ksar ou un regroupement de ksours et là je préfère garder cette terminologie qui désigne les villes sahariennes.

Porte du désert, c'était une cité convoitée. Plusieurs fois assiégée, elle est restée une cité autonome et résistait à toutes les campagnes jusqu'à sa prise par les colonnes conquérantes françaises en 1852. C'est ce qu' a constaté Marey monge en 1844 " Les Ksars qui bordent le Grand-Désert sont de petites républiques, qui font un grand commerce, cultivent leur terrain, sont liés à tous les événements politiques du pays, y exercent une grande influence, et font très-souvent la guerre. Leur population est brave, sobre, intelligente, très-active. Leur histoire offre les mêmes vicissitudes intérieures et les mêmes rivalités entre elles que celle des républiques italiennes dans le Moyen-Age " (Expédition de Laghouat, dirigée aux mois de mai, juin 1844. par le Général Marey, Commandant la subdivision du Tittery, imprimerie de A. Bourget, Alger, 1846)

Aussi, son système de défense était formé d'une citadelle (Casbah du Khalifa, des remparts, des tours et des portes et d'autres moindres fortifications. L'histoire de ses fortifications a connu deux phases : une pré-coloniale et une autre coloniale. Je me contenterai ici, de parler de l'enceinte de Laghouat avant sa conquête en 1852.

D'après la légende de la fondation de Laghouat vers 1700, le marabout Sidi el hadj aissa ben brahim aurait fortifié la ville après avoir appelé tous les ksouriens dispersés dans l'oasis, à habiter les hauteurs de l'oasis. Mais, déjà en 1662 et bien avant que Sidi el hadj aissa arriva à Laghouat, El-Ayachi parlait d'une muraille qui entourait la ville.

A sa prise Laghouat était fortifiée et bien défendue par des murailles. Cler nous en donne une information détaillée sur ses murs - Laghouat, à l'époque où le général Pélissier arriva sous ses murs, avait 2,000 mètres de longueur; elle contenait 700 maisons - Ce que remarqua aussi Saint Arnaud en écrivant l'une de ses lettres adressée à Monsieur Leroy de Saint Arnaud, avocat à Paris, envoyée depuis Laghouat le 27 mai 1844 lui disant que " Laghouat est fort grand. EN comptant l'enceinte des jardins, il y a environ un lieu à deux lieu de tour. La ville sépare les jardins en deux, et est elle même par un rocher sur le haut duquel est bâtie la Casbah. Du haut de cette Casbah la vue est admirable : à l'est et à l'ouest le désert, derrière, les contours de la rivière; au nord et au sud les deux parties de la ville avec ses hautes murailles grises sans ouvertures que des portes de trois pieds de haut..." (Lettres du Maréchal de Saint Arnaud, 1832-1854, deuxième édition, tome premier, Michel Lévy frères éditeurs, Paris, 1858, p 530 ).

Le lieutenant-colonel Daumas, nous apprends aussi que la ville de Laghouat, abritait, à l'intérieur de ses remparts, sept cent à huit cent maisons et qu' - elle est entourée d'une enceinte rectangulaire, crénelée et défendue par deux tours élevées sur les points culminants, et auxquelles viennent se rattacher les murailles - (Daumas, le Sahara algérien, 1845 p 17). Cette information sur les tours est confirméepar Marey monge qui disait dans son rapport que : " Les fortifications consistent en deux fortes tours bâties sur les points culminants de la crête, et auxquelles se rattachent les murailles " (idem. pp 32-33).

Revenant au lieutenant-colonel Cler qui a apprécié le système de défense aux jardins de l'oasis. En effet, en bas des fortifications, il y avait des murs dans les jardins aussi -Au nord et au sud s'étendaient des jardins formant comme les ouvrages avancés du système de défense, système excellent du reste, car les jardins, coupés en tous sens par des murs de clôture élevés et nombreux, empêchent absolument d'approcher delà ville-

Concernant le nombre de tours, Le capitaine Gruard avança au Général Pélissier pendant le siège de Laghouat que -la ville était fortifiée, qu'elle était entourée d'une chemisette en briques et renforcée par huit tours faisant office de bastions- Par contre, les tours identifiées sont en nombre de quatre dont deux principales, celle de l'ouest " Bordj El-gharbi " et celle de l'est " Bordj Abdallah ", les deux autres se trouvaient sur la même ligne que la tour de l'ouest de par et d'autre et certainement près des portes Nouader et Chettit. Pour le reste, je pense qu'il s'agit que de maisons-remparts prises pour des tours. (Charles Du Barail, mes souvenrs, tome 2, 12éme èdition, 1898, p 34)

Dans sa lettre adressée au gouverneur général à Alger, le général Pélissier expliquait l'assaut du côté ouest de Laghouat précisant qu' -à sept heures, il avait donné l'ordre d'ouvrir le feu et de détruire les trois tours et les courtines qu'il fallait renverser pour entrer dans la ville- (idem p 42). Ces trois tours sont celles de Bordj El-gahrbi, et celles se trouvant au dessus de Bab nouader et bab Chettit, la courtine reliait les trois. Jean Mélia, lui confirme l'existance de cette courtine reliant la tour de Bab nouader et celle du Bord El-gharbi -Le zgag Nouader se terminait à la Bab Nouader, ou porte de l'Aire, défendue par une tour qui se trouvait vers le haut de la rue Morand de nos jours. Cette tour faisait pendant avec la tour de l'ouest...-

En 1853, Eugène Fromentin nous éclaire sur ces fortifications, dans son livre un été dans le sahara. Concernant la porte Bab Chergui ou Bab el-barani, comme Bab nouader, était intégrée dans la tour Abdallah -Quant à la porte, qui n'a pas été canon née, elle conserve ses lourds battants raccommodés avec du fer, son immense serrure de bois et ses arcs-boutants en troncs de palmiers. Elle est pratiquée dans l'épaisseur d'une tour massive et percée de meurtrières-. Il nous informe aussi sur Dar Eççafah, la citadelle ou la Casbah et le mur de séparation entre les deux quartiers de la ville celui des Ahlafs et des Oulad Serghin : -Le Dàr-Sfah partage la ville en deux parties à peu près égales, et sépare, ou plutôt commande à la fois deux quartiers jadis ennemis : à l'est, les Hallaf; à l'ouest, les Ouled-Serrin; ces deux quartiers qui ont eu chacun ses chefs, son gouvernement, ses intérêts à part, n'ont cessé de se battre que le jour où le Dar-Sfah les a réunis sous l'autorité d'un pouvoir central. Le mur de séparation existe encore, ainsi qu'une porte, de tournure égyptienne, qui s'ouvrait ou se fermait, suivant l'état de paix ou de guerre où vivaient ces deux petites républiques jalouses et toujours prêtes à se fusiller par-dessus leur mur mitoyen-.

En 1854, Mac Carthey, dans Almanach de l'Algérie affirmait qu'à Laghouat -c'est bien comme dans nos cités du moyen-âge, ce périmètre plein de caprices et d'irrégularités, formé ici de l'arrière mur des habitations, plus loin d'une muraille construite exprès pour la défense, ce sont bien encore ces rues sinueuses et étroites, avec de hautes murailles, percées non de croisées mais de meurtrières- ce qui signifie qu'il y avait de hauts remparts pour la défense de la ville munies de meurtrières.

Enfin, en 1905 le docteur Huguet nous résume toutes ces données dans son atricle " le pays de Laghouat " édité en 1905 in revue de l'école d'anthropologie de Paris -Quatre portes ménagées dans les murs, au bas de l'escarpement des mamelons, donnaient accès dans Laghouat. Une enceinte rectangulaire l'entourait, formée par un mur de 4 mètres de haut, construit en briques sèches, crénelé et percé de meurtrières (...)
« Les deux sommets extrêmes étaient couronnés par deux tours carrées de 8 à 10 mètres,(...) Sur l'éminence intermédiaire s'élevait une vaste construction de maçonnerie blanche, comprenant 4 corps de bâtiments rectangulaires à 2 étages sans aucune fenêtre extérieure et appelée Dàr Sfah (la maison des roches). C'était la Casbah de Ben Salem (...) Un mur (qui existera trente ans plus tard encore en partie) séparait les deux quartiers. Chacun d'eux avait son marché et sa mosquée. Au nord et au sud s'étendaient les jardins occupant plus de 1000 hectares, formant comme les ouvrages avancés d'un système de défense excellent d'ailleurs, car ces jardins, coupés en tous sens par des murs de clôture élevés et fort nombreux, rendaient extrêmement difficiles les abords de la ville. (Capitaine Mangin.)

Je vous laisse apprécier cette modeste publication et reste à votre écoute pour tout commentaire.

Source des images : internet notamment le site delcampe, musée du Moudjahid de Laghouat, Gallica Bnf.

Vue sur les tours de Laghouat 1844-1852
Vue sur les tours de Laghouat 1844-1852
Vue sur les tours de Laghouat 1844-1852
Vue sur les tours de Laghouat 1844-1852

Vue sur les tours de Laghouat 1844-1852

Une ancienne fortification (bastion) de Laghouat.

Une ancienne fortification (bastion) de Laghouat.

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A propos d'une expression " le minaret blanc "

Publié le 11 Janvier 2017 par Bachir Rouighi dans Histoire

Dans l'article ci-joint publié dans notre précieux et élogieux blog : over-blog.sidielhadjaissa.com, par Monsieur Ahmida Mimouni,. ce dernier nous explique, avec autant d'arguments, ce que c'est -le minaret blanc- dont avait parlé le lieutenant-colonel Cler auquel on attribue les " souvenirs d'un officier du 2ème zouaves " où il affirmait l’existence d'un minaret blanc dans les hauteurs de Laghouat. Ce que Si Ahmida MIMOUNI considère comme le minaret d’une mosquée alors que la tradition rapporte que les mosquées de Laghouat avant sa conquête étaient dépourvues de minaret. Toutefois, certains croient que c'est une tour de guet. Cependant, d’autres auteurs français lui donnent le nom de " minaret de la kasbah de Bensalem ". Ce qui nous fait penser que c'est un minaret destiné à l'appel de la prière.

A l'appui de l'analyse de MIMOUNI, l'architecte et enseignant-chercheur Belkacem TAKHI, pense aussi que c'est le minaret de la petite mosquée de la Casbah, qui est un symbole, probablement non destiné à l'appel à la prière, d'après son architecture et son emplacement comme c'est le cas d'après lui pour le minaret de l'ancienne medersa de Laghouat.

Certains de nos amis, comme Monsieur DIDI Tahar ne conçoivent pas l’existence d’une mosquée à l’intérieur de la casbah qui était située à mi-chemin entre deux mosquées : El-Atik et Ben Boutta.

Entre ces avis, je crois que ce sujet pose une problématique à décortiquer par une étude architecturale ou archéologique de cet édifice.

Néanmoins, Monsieur Mimouni Ahmida nous apporte des éléments nouveaux et pertinents à propos de cette question.  A ce propos, l'officier du deuxième des Zouaves nous apprend dans ses souvenirs que le minaret blanc est celui d'une mosquée " Le 2 décembre, vers trois heures de l'après-midi, la colonne légère du général Pélissier déboucha dans une plaine intimera Sur la gauche et à deux lieues vers le nord, les soldats aperçurent une longue ligne d'un vert sombre, légèrement dentelée par les branches d'une forêt de hauts palmiers. Au-dessus de cette verdure, chacun put distinguer encore les tours noirâtres d'une ville et le minaret blanc d'une mosquée. (Souvenirs d'un officier du 2ème des zouaves, nouvelle édition considérablement augmentée, Michel Lévy Editeurs, Paris, 1869, livre numérisée par la BnF-Gallica)

 

A propos d'une expression " le minaret blanc "
A propos d'une expression " le minaret blanc "
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A propos d'une expression " le minaret blanc "
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Les Khalifa de Laghouat

Publié le 5 Mars 2016 par Bachir Rouighi dans Histoire

Trois personnages dans l'histoire de Laghouat ont porté le titre de Khalifa, il se pourrait qu'il y aurait d'autres.

A partir d'un article publié dans les anales africaines, la revue de l'Afrique du nord (42ème année, N° 20 du 15 octobre 1930), sur le titre de Khalifa en Algérie, écrit à l'ocassion de l'élevation à cette dignité du Bachagha Djelloul ben Lakhdar Ferhat. Je me suis inspiré pour chercher les personnages qui ont porté ce titre à Laghouat.

Les Khalifa de Laghouat
Les Khalifa de Laghouat
Les Khalifa de Laghouat
Les Khalifa de Laghouat
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Les Khalifa de Laghouat
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Laghouat ou les maisons entourées de jardins

Publié le 27 Février 2016 par Bachir Rouighi dans Histoire

Laghouat ou les maisons entourées de jardins

Laghouat ou les maisons entourées de jardins est le titre d'un livre de 252 pages écrit sur Laghouat par Jean Mélia, publié en 1923. odette Petit, la sociologue qui a consacré une étude sur l'histoire sociale de Laghouat décrit le livre comme une : Etude bien documentée et entièrement consacrée à Laghouat. La première partie est un rappel historique de l'histoire de Laghouat : traditions locales intéressantes relatives à la période arabe. Malheureusement l'auteur n'indique pas ses sources.p. 109 et suivantes, détails intéressants sur les anciens noms arabes des rues et des places que Mélia rapporte dans sa description historique de la ville.
Dans les chapitres suivants : description sommaire des principales activités des Laghouatis : les bijoutiers, les bazars, les épiciers, le café maure, les tisseuses. . .Enfin descriptions pittoresques du «quartier réservé, du marché chez les nomades, du quartier pauvre du Chtett où l'évolution est presque imperceptible.

ِ

Ce titre évoque l'origine du nom de la ville de Laghouat, celui consacré par les français, et très répondu chez les Laghouatis. Dans la majorité, on pense que Laghouat ou plus précisément Al-Aghouat, est le pluriel de " Ghaout "c'est à dire une maison entourée de jardins. On associe cette dénomination à la formation de la ville par Sidi El hadj Aissa, après la réunification des ksours autour de Benbouta (lancien Laghouat) ?! c'est ce qu'explique Jean Mélia dans son livre : " Mais quel nom donner à la ville nouvelle englobant entre ses murs de défense tous les anciens ksour ? Or Ghaouth désigne une maison entourée de jardins. Ainsi s’élevaient toutes celles de Ben-Bouta, de Bou-Mendala, de Medjal, de Sidi-Mimoun. Au pluriel de Ghaouth fut ajouté l’article El. El-Aghouat, -- c’est-à-dire, comme nous l’avons dit, la réunion de maisons entourées de jardins, -- étaient fondé, grâce à Sidi El Hadj Aissa. Ceci se passait vers 1700 Laghouat, - dérivation d’El-Aghouat, - étaient sous la protection de son marabout, il put vaincre ainsi toutes les difficultés de sa récente création".

 

Cependant, des ouvrages anciens (chroniqueurs, historiens...) parlent de Laghouat bien avant le 18e siècle et confirment l'existence d'une ville avec des remparts. A ce sujet, je vous propose un point de vue d'actualité sur cette thèse.

 

Laghouat ou les maisons entourées de jardins
Laghouat ou les maisons entourées de jardins
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