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Mémoire, Documentation et Archives de Laghouat

A travers ces pages, vous allez découvrir Laghouat, la porte du désert, une cité saharienne de l'Algérie, une ville du Xe siècle dont le nom a une origine plus ancienne encore. Ceci est un blog où je me contente de commenter des événements, illustrer des faits, partager des documents pour l'histoire dans le but d'aider en documentation nos chercheurs dans leur travaux académiques.

Articles avec #ethnologie catégorie

Question sur l'ethnologie de Laghouat

Publié le 2 Février 2017 par Bachir Rouighi dans Ethnologie

Les traces de la vie humaine au Sahara remontent à la nuit des temps. Dans l’antiquité, un peuple de nomades sahariens les Gétules a habité une grande partie de ce vaste désert dont certains se sont sédentarisés et avaient occupé les oasis du Sahara.

Des auteurs Grecs et Romains comme Strabon, Pline l’Ancien et Salluste s’accordent sur l’origine berbère de ce peuple nomade des oasis du Sahara, au sud des royaumes berbères des massyles et des massaesyles et au nord des berbères libyens les Garamantes qui eux, occupaient le territoire s’étendant jusqu’à l’Ethiopie.

Laghouat, est une ancienne oasis où on retrouve toutes les conditions favorables à une vie sédentaire. Elle est située dans ce pays des Gétules, qui étaient nombreux sur les versants méridionaux de la chaine atlasique.

Ce sujet se précise plus lorsqu’on parle des Zénètes berbères qui font partie de ce peuple antique de Gétules. Zenata ont occupés Laghouat et compte parmi eux une tribu dont l’éponyme est du même nom, Laghouat, comme l’a énoncé Ibn Khaldoun.

Les événements de l’édification de l’Etat fatimide sont aussi très significatifs sur l’ethnologie de Laghouat et son existence où l’on sait qu’elle faisait partie des contrées du prince berbère des Maghrawas Zénète, El-kheïr ben Mohammed ben khazar El-zenati qui a soutenu la cause fatimide contre Abi yazid Mekhled ibn Keldad, le kharidjite révolté contre le sultan fatimide El-Mansour Ismaïl abou El-Abass. C’est dans une relation de ces événements que Laghouat est citée et reconnue comme ville par Abi Abdallah Mohammed ibn Ali ibn Hamad El-Sanhadji dans son manuscrit Akhbar Moulouk Banou Obeid wa siratouhoum . Cela remonte à l’an 936.

Un siècle après ces événements où le pays était berbère, les premiers arabes Banou Hillal représentés par les Zoghba occupèrent les terrains de ce pays et tous les pays limitrophes : le Djebel Rached qui porta plus tard le nom de « Djebel Amour », le pays des Oulad nail et Sehari jusqu’à M’sila. A ces hillaliens se mêlèrent les berbères Senjas et autres maghrawa, dont Laghouat qui en majorité ont quitté ce pays pour le Ksel et l’oranie (Ain Temouchent) mais ont laissé des fractions à Laghouat. Il est de même pour d’autres tribus Zénète comme les Banou Badin.

Terre éloignée et lointaine située dans le pays de la soif, mais abritant plusieurs villages ou ksours perchés sur les imminences du Tizigrarine et autres hauteurs sur la même ligne depuis El-kheneg Nefdjil jusqu’aux derniers pitons en face du Kaf Dalaa, Laghouat serait un lieu propice pour tant de réfugiés au milieu de ses oasis où la vie est paisible et prospère.

Se référant aux premières informations recueillies par les commandant supérieurs de la ville de Laghouat et notamment Margueritte et Philebert, sur l’origine des populations de Laghouat, on sait que parmi les plus anciennes fractions ayant habité Laghouat aux côtés des autochtones Oulad Serghine des Laghouat Ksel ou Beni Laghouat ou encore tout simplement les Laghouat : il y a les Oulad Salem et les Kherarga. A ceux-là se sont fédérés d’autres populations immigrées. Mangin et Philebert nous ont expliqué ce mouvement des populations que René Basset nous confirme au fil de ces pages annexées dans l'extrait ci-dessous du journal asiatique, tome 16, année 1890.

Toutefois, est-ce que ces énoncés écrits au moment de la conquête, fournis par on ne sait quels informateurs suffisent pour savoir l’ethnologie de Laghouat ?

 

Question sur l'ethnologie de Laghouat
Question sur l'ethnologie de Laghouat
Question sur l'ethnologie de Laghouat
Question sur l'ethnologie de Laghouat
Question sur l'ethnologie de Laghouat
Question sur l'ethnologie de Laghouat
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Les Larbaa : les Pasteurs-nomades de la région de Laghouat

Publié le 1 Mars 2016 par Bachir Rouighi dans Ethnologie

Transhumance des Larbaa, Emile Dermenghem, Le pays d'Abel, Gallimard, 1960, page 151.

Transhumance des Larbaa, Emile Dermenghem, Le pays d'Abel, Gallimard, 1960, page 151.

Les Larbaa sont présents dans la région de Laghouat, depuis trois siècles et demi d’après les documents les plus anciens connus. Ils ont une histoire avec les autochtones du pays, avec les ottomans, l’Etat d’Abdelkader, la France coloniale et sont aussi une importante entité de la société nomade algérienne. Leur mérite séculaire découle de leur fervente résistance à la colonisation française et leur nom s’inscrit dans l’histoire de la résistance nationale, gravé par le sang de leurs fougueux cavaliers animés par la vaillance de leur chef, Ben nacer ben chohra. Ces hommes ont servi aussi et avec beaucoup de sacrifices la cause nationale depuis la résistance jusqu’à la révolution nationale. D’autre part, Les cavaliers des Larbaa sont considérés comme des héros des deux guerres mondiales et ont eu tous les mérites que doivent de braves hommes.

Dans cet article je tente de retracer leur histoire à travers ces quelques notes synthétisées sur leur origine et leur formation, à partir des informations recueillies dans des sources différentes.

Origine des Larbaa

L'histoire des Larbaa est un amalgame de légendes et de traditions qui nous renseignent sur la création, la migration et l'occupation par cette tribu du nouveau territoire dans la région de Laghouat. Ces Larbaa légendaires ont de tout temps abrité de nouveaux venus. Ce qui a permis l'évolution fulgurante de cette petite tribu dont il résultera la grande tribu puis la confédération des Larbaa.

Pour ce qui est de leur origine, il est difficile d'être affirmatif sur ce point. La tradition transmise parle d'une origine géographique : le Zab, mais elle ne nous informe pas assez sur une généalogie authentique. Les Larbaa n'ont pas un ancêtre éponyme, auquel on pourrait prétendre y appartenir comme c'est le cas chez les Oulad Naïl.

Toutefois, si on passe à l’échelle des fractions, on retrouvera ces ancêtres communs. Ainsi, les individus sont liés par la consanguinité. Dans ce cas, on dénombre les Oulad Si Aissa, les Oulad Ali, les Oulad Ouargla, les Oulad Ounis, les Oulad Daoud, les Oulad Attia, les Oulad Si moussa...

Dans les différentes recherches et travaux faits sur ces tribus, il n'existe pas un consensus sur leur origine. E. Mercier les intègrent dans un groupe de tribus d'origine berbère qui se sont arabisés " Quant aux tribus berbères arabisées, elles sont nombreuses et nous citerons parmi elles (...) Dans le beylik de Titeri, au sud de Médéa: Les Lar’ouate, Larbâ, Sindjas, etc." (Ernest Mercier, Histoire de l'Afrique septentrionale, tome III, Paris, ERNEST LEROUX ÉDITEUR , 1868, p 548).

Le capitaine LEHURAUX, affirme que le nom des Larbaa " avait été donné à une grande tribu hilalienne qui depuis des siècles occupait le Zab " (Léon LE HURAUX, Le nomadisme et la colonisation dans les hauts plateaux de l'Algérie, Éditions du comité de l'Afrique française, Paris, 1931, p 33).Emile Dermenghem soutient la même thèse " les Larbaa, arrivés au Zab avec l'invasion hilalienne " (E. DERMENGHEM, le Pays d'Abel, Gallimard, 1960)

Ces travaux sur les Larbaa ne portent pas sur une étude généalogique approfondie, cependant, ils avancent superficiellement des hypothèses sur l'origine des Larbaa pensant que ces tribus venant du Zab ne pouvaient être que des berbères fuyant la domination des arabes dhouaoudas dans ce pays ou bien des hilaliens nomades qui partaient à chaque fois à la quête de nouveaux pâturages. De nos jours, ces études s'imposent toujours comme étant les seules sources de recherche.

La généalogie des différentes formations juxtaposées dans cette grande tribu, nous apprends plus sur les origines des Larbaa. En effet, il y a parmi eux des groupes maraboutiques qui se prétendent chorfas comme les Oulad Salah, descendant d'un ancêtre commun, Sidi Omar ben Salah ou bien encore les Oulad Zid, descendant de Zid ben Ahmed ben Mansour...

Dans une étude récente sur la poésie de Sidi El-HAdj Aissa, le Docteur Bachir BEDIAR nous apprend que -les Larbaa sont des tribus yamanites qui ont migré en Egypte et sont venus avec l'armée de Okba ibn Nafi en Ifrikia (actuel Tunisie)-. Il soutient, d'ailleurs, que sont l'une des plus anciennes tribus arabes installées dans la région de Laghouat (Diwan Sidi El-hadj Aissa El-Aghouati p 31). Cette chronique bien qu'elle a pour source une tradition n'a pas été rapporté par les auteurs français, elle a besoin, par ailleurs, d'explications plus amples...

Autour du mot confédération

Une confédération se réalise par une alliance entre des tribus indépendantes par leur origine et leur provenance. C'est le cas de nos Larbaa qui ont rassemblé de prime abord, des arabes Hilaliens, des Zénètes et des familles d'origine idrisside ou maraboutique. Dès lors, la tribu s'est vite développée en confédération par la conjonction de diverses entités c'est à dire comme l'affirme Augustin Bernard " par juxtaposition "[1]

Aux confins des Zibans, la première confédération des Larbaa s'est formée par la réunion de quatre petites tribus : Maamra, Hadjadj, Oulad Salah et Oulad Zid. On considère généralement ce type de formation comme étant un regroupement " politique, récent et artificiel ".[2]

On ne peut parler d'une confédération forte que lorsque la fusion de tous ces éléments s'opère complètement et cela n'est possible qu'avec le temps, le groupe doit être ancien selon Capot-Rey. [3]

Cet -agrégat hétéroclite- s'est consolidé dans la région de Laghouat avec l'intégration de nouveaux éléments tels les Rahman, les Harazlia et les Oulad Sidi Atallah ainsi que d'autres minorités...

Cependant, C'est à partir de 1875 que l'on peut parler d'une véritable confédération forte de dix tribus sous un commandement unifié, fort et omniprésent. Ce fut la grande tribu nomade dont le territoire de transhumance s'étend du Righ au Serssou, une tribu qui aspirait toujours à réaliser d'autres alliances pour un espace économique permettant sa vitalité.

Arbaa ou Larbaa : origine du nom

Les Larbaa ou Arbaa sont un groupe de quatre tribus d’origines diverses qui devaient pour des raisons de sécurité, se rassembler dans un même espace et se confédérer entre elles, à travers plusieurs époques de leur histoire.

Le premier espace tribal connu pour ses tribus est celui des Zibans. Des légendes et des affirmations s’accordent pour délimiter cet espace entre Sidi Okba, Sidi Khaled et Oulad Djallal des oasis du pays de Biskra.

C’est dans ce pays que ces tribus se réunirent et prirent ce nom connu jusqu’à nos jours. Que signifie-ce nom et quelle est son origine ?

Deux études se sont penchées sur cet aspect, la première celle de Si Amar DHINA dans son article « Notes sur la phonétique et la morphologie du parler des Arbâ », paru dans la revue africaine volume 82 année 1938n pp 313-352. La seconde est celle de Monsieur Yves BONETE, dans sa thèse de doctorat 3ème cycle « contribution à l’étude des pasteurs nomades Arbaa ». Ainsi, la transcription varie d’un auteur à un autre.

Le sens étymologique de ce nom revient à l’époque de la formation de la première confédération entre quatre tribus ou fractions : les Maamra, les Hadjadj, les Oulad Salah et les Oulad ZId. Cette explication légendaire précise que la dénomination prise par cette nouvelle entité a pour origine cette alliance entre les quatre groupes d’hommes.

Pour d’amples explications, l’étude de Monsieur BONETE est très instructive sur ce point : « L’unanimité n’est pas faite sur le sens du mot arbâ’a. Les divergences viennent peut-être de ce que la prononciation a pu se modifier au cours des années, altérant les phonèmes originels. L’un des sens attribué à ce nom est « quarts » et trouverait une explication dans la tradition, ou la légende, qui voudrait qu’au début la tribu ait groupé quatre fractions, chacune formant un quart. » Cette thèse est reproduite dans un autre travail monographique dont l’auteur est le Lieutenant LAQUIERE, adjoint de 1ère calasse au bureau arabe de Laghouat (Renseignements biographiques et historiques daté du 31 décembre 1884, archives de la sous-préfecture de Laghouat).

Pour BONETE « la traduction donne alors les quarts. Si la transcription al-arbâ’a est dans ces conditions correcte nous jugeons le processus explicatif un peu compliqué et trouvons plus logique le sens le plus communément admis : les quatre (…) Il est encore une autre signification donnée à ce nom, c’est assemblée ou confédération… »

D’après A. DHINA les « Arbâa » sont dits officiellement « Larbâa » ce qui appuie le graphisme administratif sous la forme « Larbaa ».

Je vous joins un lien sur une étude de géographie humaine tr-s référencée sur ces tribus de pasteurs-nomades des Arbaa.

                                                                                                                  Bachir Rouighi

 

[1] Augustin Bernard, Les confins algéro-marocains, 1911, p 81.

[2] Edmond Doutté, " Figuig ", Bulletin de la société de Géographie d'Oran, 1903, p 186

[3] Robert Capot-Rey, Transformations récentes dans une tribu du Sud-Oranais, Annales de Géographie, Année 1952, Volume 61, Numéro 324, p. 138.

 

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Les différentes formations des Arbaa à travers leur histoire

Publié le 29 Février 2016 par Bachir Rouighi dans Ethnologie

Dans cette page, je vous propose une synthèse sur les différentes formations des Arbaa ou Larbaa, les tribus des pasteurs-nomades de la régions de Laghouat. C'est à partir du travail du géographe français Yves Bonete que j'ai essayé de drésser ces différents schémas sur la transformation de cette communauté de la petite tribu à la grande confédération.

 

Yves Bonete est né le 5 novembre 1925 à Alger. Il a reçut une formation d'ingénieur en travaux publics. Il s'est installé à Laghouat depuis 1952 et a occupé des fonctions comme chef de circonscription artisanale et chef de service artisanat à Laghouat jusqu'en 1962. Il étudie particulièrement la tribu des Larbaa. Cette étude lui a permis d'obtenir un doctorat troisième cycle en géographie humaine en 1962 intitulée " Contribution à l'étude des pasteurs nomades Arba'a ". Il a écrit d'autres travaux relatifs au nomadisme et publiés dans le périodique " Cahiers des arts et techniques d'Afrique du nord ". Installé en France, il a fait carrière comme consultant sur le travail et l'artisanat et effectua plusieurs missions dans divers pays comme consultant international. En retraite depuis 1985, il vit toujours à Nice. Pour information, dans mes recherches sur les travaux importants sur la tribu des Larbaa et en plus de la recherche de Monsieur Yves Bonete, il y a aussi une monographie familiale élaborée en 1887 et publiée dans la revue ouvriers des deux monde, intitulée " Arabes pasteurs nomades de la tribu des Larbaa " d'August Geoffroy.

Les différentes formations des Arbaa à travers leur histoire
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