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Mémoire, Documentation et Archives de Laghouat

A travers ces pages, vous allez découvrir Laghouat, la porte du désert, une cité saharienne de l'Algérie, une ville du Xe siècle dont le nom a une origine plus ancienne encore. Ceci est un blog où je me contente de commenter des événements, illustrer des faits, partager des documents pour l'histoire dans le but d'aider en documentation nos chercheurs dans leur travaux académiques.

Articles avec #documents catégorie

Le ksar de Laghouat en 1846

Publié le 26 Janvier 2017 par Bachir Rouighi dans Documents

Le ksar de Laghouat en 1846

Une page du registre des renseignements sur les tribus de la subdivision de Médéa (1844/1873) dont Laghouat fait partie, nous donne les informations suivantes sur Laghouat en 1846 :

Je saisi ici quelques informations importantes et je vous laisser consulter le document. Il s’agit d’une pièce du registre

En premier lieu voici une information générale sur Laghouat considérée comme tribu puis Ksar. Le rédacteur a confondu Laghouat avec les autres tribus de la subdivision. Mais comprenant qu’il s’agit d’une ville, on a rectifié le titre : Ksar de Laghouat.

" L'oasis de Laghouat dont la ville de Laghouat est le chef-lieu est borné au nord par le Djebel Amour et le pays de parcours des Oulad Saad ben Salem, à l'Est par les terres de parcours des Larbaa, au Sud par les terres de parcours des Arazlia (Hrazilai) et à l'ouest par le Djebel Amour et le pays des Laghouat Ksell. La ville de Laghouat se trouve à 95 lieux sud de Médéa, à 65 lieux nord-est de Ghardaïa, chef-lieu de l’oasis des Beni Mezab, à 75 lieux ouest l’abïed Sidi Cheikh et à 120 lieux de

Dans cet ordre d’idées, sont données, dans la colonne ‘ Fractions ou quartiers de ce tableau de renseignements, les noms des rues et quartiers du ksar de Laghouat :

  • Bab el Barani, porte de la ville
  • Zgag el hadjedj, rue
  • Zgag sidi smaïl, rue
  • Chera, rue
  • Dolä el gueblia, rue
  • El argoub, rue
  • Zgag el guesab, rue
  • Zgag maïguen, rue
  • Zgag maïgnen, rue
  • Zgag el hamar, rue
  • Zgag smaïl gheurbi, rue
  • Hasi elgaä, rue
  • Zgag el gheurbi, rue
  • El theleij
  • El gebeur haddad, rue
  • Châra el gheurbi, place rue
  • Chetit, rue

Pour la colonne des Cheikhs et Caïds, il est cité le nom de « SI Ahmed ben Salem, nommé Khalifa en mai 1844 ».

Concernant l’historique de la tribu (le ksar) il est noté que « La ville de Laghouat a été pendant longtemps le théâtre de guerres intestines entre le parti des ouled serrin (serghine) et des hallafs dont les grands se sont toujours disputés le pouvoir. Enfin il est resté dans les mains des hallafs dont le chef actuel ahmed ben salem descend, elle a été soumise d’abord au maroc ensuite aux turcs, l’émir abdelkader tenta inutilement d’y établir sa domination, les fourberies et les craintes qui ont accompagné ses attaques ont allumé une guerre religieuse contre lui dans l’esprit de cette population paisible. En mai 1844, une colonne française institua le khalifalik, nomma un chef qui le régit au nom de la France. Il a une force de 20 khialas et 200 askeurs soldés par le gouvernement.

Ses principales richesses consistent en dattiers, palmiers, arbres fruitiers de toutes espèces, grands et beaux jardins, entrepôts général de toutes les tribus du sud, achat et vente de grains venant du tell, des dattes de tuggurt (Touggourt), des tissus, quincailleries etc venant d’alger et médéah »

Autre information sur l’activité économique de Laghouat en 1846 : « rendez-vous de la majeur partie des pèlerins qui vont à la mecque, fabrique des bernous, haiks, grand houra (gondourra), tellis etc…

Elle tient dans la ville près du fondouk un marché couvert en forme de péristyle où se rendent toutes les tribus du sud »

Pour les familles influentes et les çoffs il est signalé les noms suivants :

Si ahmed ben salem : khalifa de Laghouat et de ses dépendances, homme d’une grande influence et très attaché à l’autorité française.

Djaffra

Yahya ben ameur (yahia ben maamar) frère du khalifa, agha du sud

Ahmed

Ouled serghin ; descendants des ouled serghin compétiteurs de la famille de Bensalem

Ouled Belaïz

Ouled Youb

NB. Ce document divulgue deux autres fractions de Laghouat ; les ouled Belaïz et les oulad Youb. Qui sont-ils ?

Ces informations sont insérées dans le registre " renseignements généraux sur les tribus 1844/1873 " de la subdivision de médéa. de la série des bureaux arabes de l'algérois du fond du gouvernement général d'Algérie GGA, aux archives nationales d'outre mer à Aix-en- provence.

 

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Une description succincte de Laghouat d'un point de vue colonial

Publié le 20 Janvier 2017 par Bachir Rouighi dans Documents

Une description succincte de Laghouat d'un point de vue colonial

Le texte est d'onésime Reclus de son livre "La France et ses colonies", tome second, nos colonies, Librairie Hachette et Cie, 1889, Paris.
Source ;la bibliothèque numérique Gallica BnF, Bibliothèque Nationale de France.
Avec une un dessin de Barclay, d'après une photo représentant une vue général sur Laghouat.

Ce texte décrit Laghouat avant la conquête et met l'accent sur les rivalités entre les populations de Laghouat, ce qu'on appelle les çoffs ou soffs jusqu'au point d'affirmer que Laghouat c'était trois ville : l'une maraboutique c'est à dire religieuse pour désigner le Schettet où résidait la famille maraboutique de Sidi El hadj Aissa. Deux autres villes qui s'étendaient de l'oasis vers les hauteurs, les deux mamelons du Djebel Tizgrarine. La vérité est toute autre chose ! qui es de cet avis?

 

 

Une description succincte de Laghouat d'un point de vue colonial
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Document biographique sur Aurélie Picard

Publié le 20 Janvier 2017 par Bachir Rouighi dans Documents

Aquarelle du palais de Kourdane par Rachid AOUISSI (Laghouat)

Aquarelle du palais de Kourdane par Rachid AOUISSI (Laghouat)

Aurélie Picard, dite Lalla Yamina, une fois première dame de la zaouia d'ain Madhi, est l'épouse française de Sidi Ahmed Amar Tidjani, le Chef spirituel d'Ain Madhi, le khalifa de la grande confrérie Tidjania. Fils de Sidi Mohammed El-habib ben Sidi Ahmed EL-Tidjani (1737-1814) et son successeur à la tête de la confrérie du temps où le Caïd Rayan tenait le pouvoir temporel à Ain Madhi mais veillait aussi sur la primauté de la Zaouia Tidjania

Beaucoup de livres sont écrits sur la vie de cette dame, avec des syles différents mais surtout littéraires qui nous donne lecture sur les faits de son mariage avec l'aristocrate musulman algérien Sidi Ahmed Amar, sa construction du nouvelle résidence pour la zaouia et son chef où les délégations et hôtes occidentaux se sentiront à l'aise, avec le prince Tidjani, loin des pressions de la zaouia traditionnelle.  

Entre autres, je citerai les livre de :

- Marthes Bassenne, Aurélie TEDJANI, princesse des sables, 1925.

- José Lenzini, Aurélie, la princesse des sables (1990) et (2007)

- Jean Frison-roches, le Djebel Amour (1978)...

Ici, je vous propose dans le fichier ci-joint une biographie d'Aurélie Picard, rédigée par André Delattre, paru dans le bulletin de la société historique et archéologique de Langres, édité par la Société historique et archéologique de Langres. Musée Saint-Didier (Langres), 2005-10, pp 144-149.

Le document appartient au domaine public et est numérsé par la Bibliothèque nationale de France, département Collections numérisées, provenant du fonds de la BNF. Mis en ligne le 16 janvier 2017.

Note sur dl'auteur de la biographie :

un haut marnais comme Aurélie Picard, DELATTRE (André, Marie, François), Magistrat (E.R.). Né, le  29 juillet 1927 à Langres (Haute-Marne). Magistrat de carrière, il était juge de paix suppléant à Aflou en 1950.

Source www.whoswho.fr 


 

Aurélie Picard, De la verdoyante Haute-Marne aux terres arides du Djebel Amour par André Delattre, in Bulletin de la société historique et archéologique de Langres.

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Sur une description de Laghouat

Publié le 17 Janvier 2017 par Bachir Rouighi dans Documents

MH LELONG O.P, le Sahara aux cent visages, 4ème édition; éditions Alsatia, Paris, 1945
MH LELONG O.P, le Sahara aux cent visages, 4ème édition; éditions Alsatia, Paris, 1945

MH LELONG O.P, le Sahara aux cent visages, 4ème édition; éditions Alsatia, Paris, 1945

MH LELONG O.P, le Sahara aux cent visages, 4ème édition; éditions Alsatia, Paris, 1945, p 19

MH LELONG O.P, le Sahara aux cent visages, 4ème édition; éditions Alsatia, Paris, 1945, p 19

Voici quelques pages d'un document nouvellement acquis par mon ami RaMus Hamel, comportant une description de Laghouat en date de 1936, inscrite dans le livre " Le Sahara aux cent visages " dans sa nouvelle édition de 1945, la quatrième (par les éditions ALSATIA).

M.H LELONG O.P ayant visité Laghouat au cours d'un voyage pour le grand désert jusqu'à Tamanrasset, décrit Laghouat comme une ville coloniale où l'église, le génie militaire, l'architecture militaire sont mis en valeur. Pas un mot sur le pittoresque Ksar et la verdoyante oasis d'avant la conquête. A la différence de Fromentin et d'autres auteurs !

Sur une description de Laghouat
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Au sujet des tours de Laghouat

Publié le 7 Janvier 2017 par Bachir Rouighi dans Documents

Titre :  Prise de Laghouat extrait de Histoire populaire contemporaine de la France.... Tome 2 / [par V. Duruy.] (1811-1894). Auteur du texte  Éditeur :  Hachette (Paris)  Date d'édition :  1864-1866  Type :  monographie imprimée  Provenance :  Bibliothèque nationale de France  Date de mise en ligne :  21/12/2015

Titre : Prise de Laghouat extrait de Histoire populaire contemporaine de la France.... Tome 2 / [par V. Duruy.] (1811-1894). Auteur du texte Éditeur : Hachette (Paris) Date d'édition : 1864-1866 Type : monographie imprimée Provenance : Bibliothèque nationale de France Date de mise en ligne : 21/12/2015

Certes la ville de Laghouat était fortifiée en 1852 mais quel était le nombre de ces tours?

 

Dans le tome 2 de mes souvenirs, le livre du Capitaine puis Général Du Barail, le premier commandant supérieur du Cercle de Laghouat, après sa conquête, il y a deux passages où l'on parle des tours de Laghouat.

Dans la page 34 de ce tome, lors de la première rencontre entre le Général Youcef et le Général Pélissier, le capitaine Gruard explique à Pélissier que la ville est fortifiée et comprend huit (8) tours.

Dans la page 42, Pélissier rends compte par une lettre adressée au Gouverneur Général où il cite trois tours.

Pélissier se trouvait à l'ouest de Laghouat, en face de lui il y avait la grande tour "Bordj El-gharbi" relié par des courtines à deux autres tours, celle de " Bab Nouader " et celle de Bab Schettet.

A l'est, il y avait la tour Abdallah. Le reste n’apparaît pas sur les documents ci-joints. Je crois que ça mérite une étude académique.

extrait de mes souvenirs tome 2. Charles Du Barail

extrait de mes souvenirs tome 2. Charles Du Barail

extrait de mes souvenirs tome 2. Charles Du Barail

extrait de mes souvenirs tome 2. Charles Du Barail

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A propos des anciennes mosquées de Laghouat avant la conquête

Publié le 7 Janvier 2017 par Bachir Rouighi dans Documents

Position des mosquées de Laghouat avant 1852 par Takhi Belkacem (Architecte et Ensegnant-chercheur, spécialiste du patrimoine à l'université de Lagouat

Position des mosquées de Laghouat avant 1852 par Takhi Belkacem (Architecte et Ensegnant-chercheur, spécialiste du patrimoine à l'université de Lagouat

Afin d'éclaircir nos chercheurs et spécialistes en patrimoine, je dédie ce poster aux universitaires qui travaillent sur le thème des anciennes mosquées de Laghouat et je leur signale de nouveaux documents pour affiner leur recherche académique sur cette question. 

Selon le rapport du Général Marey Monge, lors de son expédition de Laghouat en mai 1844, Laghouat avait quatre mosquées. Bien avant lui, en 1828, Ibn Eddine affirmait dans sa Rihla " Rihlat El-Aghouati " qu'à Laghouat il y a quatre mosquées. La tradition orale gardée et transmise par feu l'Imam Si Mebrouk ben Atallah Kouici confirmait cette information historique.

Il s'agit d'abord de la mosquée des Ahlafs, construite en bas de zgag el hedjadj vers la grande place Lekhier (elle aboutit exactement sur Rahbat el oulama), transformée en église dès les premiers jours de la conquête (Fromentin on parle dans " un été dans le Sahara). Puis de la mosquée de Benboutta, qui se trouvait en bas du rocher Essafah vers le marché des Ahlafs et la grande place Lekhier, détruite par Du Barail pour ouvrir une rue (Rue Camou) montant vers le Saffah (lieu présumé du ksar Benboutta, noyau de Laghouat). A côté de cette mosquée se pressait , la grande maison de Si El Mekki ben EL Djoudi ben Sidi Abderahmane El Figuigui qui était célèbre lors de la bataille de Laghouat, d'après ce témoignage de Si Ahmida Mimouni - Dès le début du siège de Laghouat, des personnes âgées, des enfants et des juifs s'y étaient réfugiés et un drapeau sur la terrasse indiquait son statut de refuge de non belligérants. Les spahis l'ont quand même envahie et ont massacré un grand nombre de ces réfugiés, jusqu'à l'arrivée de leur officier qui a arrêté le massacre.Quand plus tard les autorités militaires la lui ont restituée, il a refusé de l’occuper, à cause de ce massacre et parce que les murs et le sol étaient couverts de sang -

Dans le quartier des Oulad Serghine, existait aussi deux mosquées : Celle d'El Atik (1480 ou même bien plus longtemps), et celle de Hadj Larbi ou Schettet située au ksar El Haddad, lequel se trouvait sur le flanc sud de Djebel Tizigrarine constituant le haut du quartier maraboutique du Schettet (le Schettet el gharbi).

Ces noms des mosquées rapportés par l'Imam Mebrouk Kouici sont transcrits dans un recueil d'articles, publié à l'occasion du premier séminaire sur l'histoire culturelle de Laghouat organisé par l'union locale des écrivains algériens, du 14 au 16 avril 1998 à Laghouat.

Toutefois, les documents numérisés par les archives nationales d'outre-mer (ANOM Aix-en-provence, France), notamment dans un registre de renseignements généraux sur les tribus 1844-1883 portant statistiques de la province du Titery et organisation au 1er octobre 1844, il est dit que Laghouat comptait 5 mosquées dont voici les noms : El Dalaa, El Ksar, Ennouader, Chettit et Sidi Moussa. Dans un autre registre de l'organisation de la province du 27 mai 1846 précise qu'il y avait 5 mosquées : El Dalaa, El Ksar, elnouader (en dehors de la ville), Chettit, Sidi Moussa (Djamaa el gharbi). Entre Marey Monge en mai 1844, et les données de la province du titteri d'octobre 1844 et de mai 1846, il y a des différences qu'il faudrait éclaircir vis à vis des recherches admises jusqu'à présent. Face à ces nouveaux documents, une discussion sur cette question s'impose entre les intellectuels spécialistes de l'histoire locale et les chercheurs universitaires. Ainsi, je remercie Monsieur Takhi Belkacem qui dans la carte jointe à cet article a retracé la topographie de ces mosquées, au regard de ces nouvelles données.

Renseignements sur les tribus en 1844 - Subdivision de Médéa

Renseignements sur les tribus en 1844 - Subdivision de Médéa

Noms des mosquées de Laghouat en 1844 - section du registre précédent

Noms des mosquées de Laghouat en 1844 - section du registre précédent

Renseignements sur les tribus en 1844 - Subdivision de Médéa

Renseignements sur les tribus en 1844 - Subdivision de Médéa

Noms des mosquées de Laghouat en 1846- section du registre précédent

Noms des mosquées de Laghouat en 1846- section du registre précédent

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Sociologie des femmes sahariennes

Publié le 5 Mars 2016 par Bachir Rouighi dans Documents

Alfred Dabat, " Femmes dans leur intérieur " (coll. part.), extrait de L'Algérie du Sud et ses peintres, de M. Vidal-Bué, Paris-Méditerranée, 2003.

Alfred Dabat, " Femmes dans leur intérieur " (coll. part.), extrait de L'Algérie du Sud et ses peintres, de M. Vidal-Bué, Paris-Méditerranée, 2003.

Madame Jean Pommerol aborde du point de vue anthropologique, la question des femmes du Sahara algérien, dans son livre " Une femme chez les sahariennes : de Laghouat à In Salah ", Elle consacre une partie importante aux femmes de Laghouat (pages 17 à 95). Ce document peut être très profitables aux recherches sociologiques et anthropologique de Laghouat.

Ce livre est riche en informations sur la vie en tribu, l'Agha des Larbaa, Si Djelloul ben Lakhdar décrit dans ce document la position de la femme chez les Larbaa. Des tribus, des noms et des lieux reviennent à chaque fois.

Origine : Une femme chez les Sahariennes entre Laghouat et In Salah, Paris, Flammarion, 1900, 411 p., 90 illustrations d'après les dessins et les photographies de l'auteur

Source : www.archive.org

Description du live de Pommerol par Odette Petit dans Histoire sociale de Laghouat, page 141 : " Les femmes sahariennes : leur psychologie, leurs occupations, la beauté de ces femmes, leur vertu : «aucune femme, jeune ou mûre, n'est vertueuse», la vertu «n'existe pas quand la chasteté est imposée matériellement». Les femmes des Ksour, le Mzab et les sept villes saintes. De la naissance au mariage, en nouant le «drinn» (divorce) Ouargla la perle, de Tuggurt à In Salah, la vie au douar (tribus arabes nomades). Au sommet des chameaux. Les «idées» sahariennes : lesfrançais n'ont eu encore aucune influence sur la femme saharienne dont le senti ment dominant est celui de la peur. Les pages 17 à 95 sont consacréesaux femmes laghouaties, à leurs activités, à leurs attitudes, à leur comportement que Mme Pommeroi décrit avec beaucoup de délicatesse et de finesse."

 

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Description de Laghouat

Publié le 4 Mars 2016 par Bachir Rouighi dans Documents

Description de Laghouat

Ce document est une description de la ville de Laghouat.

Extrait de l'Aliéniste français, bulletin de l'association de l'amicale des médecins des établissements publics d'aliénés, année 1938. pp 420, 421.

Source : BnF - Gallica la bibliothèque numérique.

 

"... Laghouat est allongée de l'est à l'ouest, autour de deux rochers, dont les arêtes coupantes et nues, émergent des maisons, comme les bosses pelées d'un chameau, pointent au-dessus de sa toison blanche.

Sur ces arêtes terreuses, se font face deux grêles Koubas, au péristyle à arcades en fer à cheval, rehaussé de mosaïques. Consacrées à deux saints marabouts d'autrefois et reconstruites avec fantaisie par les Français, elles se détachent avec la frêle élégance du petit temple de la Victoire Aptère au bord de l'Acropole, mais leur style est musulman et elles sont intactes. Celle de l'est est dominée par le fort Morand. Celle de l'ouest domine la masse carrée de l'hôpital militaire Bouscaren. jadis forteresse. Pendant des siècles, ces deux hauteurs appartenant à des sectes ennemies, se menacèrent à une centaine de mètres l'une de l'autre et furent ensanglantées de combats. Les derniers,. et les plus terribles, furent ceux de l'assaut des zouaves dont Fromentin a laissé une saisissante description. La vue est la même de l'une et de l'autre.

Au Nord, la ville principale où les joailliers, les tisserands, les épiciers, les commerçants ont leurs boutiques, où les ouled-naïls exhibent leurs parures, où les cafés maures écrasent leurs clients sous la musique graillonnante de. leurs haut-parleurs, où voilées d'un haïque bleu, imperceptiblement fissuré devant un seul oeil, marchent de longues et souples femmes, où les européens ont intercalé leurs demeures, leurs bureaux, leur église, en stylisant les formes d'après le goût arabe. Au delà, la palmeraie verdoyante que ferment brusquement trois collines roses, en retrait les unes sur les autres, comme un triple paravent contre le froid du nord. La dernière s'auréole d'indigo sombre, justifiant ainsi son nom de Djebel Lazrag : montagne bleue.

Au Sud, la ville pauvre, le Schetett, où ne viennent guère les touristes, où des chameliers loqueteux poussent devant eux des bêtes décharnées et sans bride, blatérant de douleur, sous la charge écrasante, mystérieusement arrimée Sur leur dos. Et derrière, encore la palmeraie étalée comme un tapis tie billard dont les bords élimés plaquent des déchirures sur l'immense tablette de bois de rose du désert.

A l'Orient, encore des palmiers assiégés par les sables que creuse le lit de l'Oued." Page 420.

" A l'Occident, et à. une portée de fusil de chasse, le prisme sinistre du Rocher des Chiens où l'on déporte les animaux infirmes pour y mourir calcinés de soleil et dépecés par les vautours." Page 421.

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