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Mémoire, Documentation et Archives de Laghouat

A travers ces pages, vous allez découvrir Laghouat, la porte du désert, une cité saharienne de l'Algérie, une ville du Xe siècle dont le nom a une origine plus ancienne encore. Ceci est un blog où je me contente de commenter des événements, illustrer des faits, partager des documents pour l'histoire dans le but d'aider en documentation nos chercheurs dans leur travaux académiques.

Une nouvelle information sur Dar Eççafah

Publié le 14 Janvier 2017 par Bachir Rouighi

Une nouvelle information sur Dar Eççafah

Dans un article précédent sur Dar Eççafah (publié le 11 janvier 2017), j'ai dis que Marey monge n'en parlait pas en mai 1844. L'officier d'état-major de sa colonne, le capitaine Du Pin avait dessiné des plans et vue de Laghouat et des autres ksours visités lors de cette expédition où on ne distingue pas Dar Eççafah.

Cette colonne Marey monge était destinée à diriger une expédition pour explorer ce pays derrière le Tittery et porte du désert dont la capitale est Laghouat. Ce n'était point une colonne en campagne de guerre à ce que je crois.

Satisfait de ses résultats, le chef de l'expédition se contenta de l'assurance de la stabilité du pays que lui a montré le Khalifa Ahmed ben Salem et signa les accords avec le Khalifa plus loin de Laghouat, au Ksar d'El Houita. Dans son rapport il  rapporta surtout les faits de son accueil et une information générale sur l'aspect de la ville citant seulement les quatre mosquées de l'époque et -qu'il n'y avait pas de bain- à Laghouat. Sur ce point, on peut supposer que Dar Eççafah n'existait pas encore, surtout que Fromentin nous divulgue que Bensalem avait construit un bain maure quelques années avant sa mort. Cette construction qu'on lie à chaque fois qu'on en parle avec l'autre maison de Bensalem (Dar Eççafah)

Cependant, parmi dans le recueil des lettres de Saint Arnaud, il y a un document qui nous informe sur ce que je crois être Dar Eççafah. Il s'agit de la lettre adressé par cet officier de la colonne de Marey monge, à son frère Monsieur LEROY, avocat à Paris, depuis Laghouat le 27 mai 1844 dont voici l'extrait -  Laghouat est fort grand. En comptant l'enceinte des jardins, il y a environ un lieu à deux lieu de tour. La ville sépare les jardins en deux, et est elle même par un rocher sur le haut duquel est bâtie la Casbah. Du haut de cette Casbah la vue est admirable : à l'est et à l'ouest le désert, derrière, les contours de la rivière; au nord et au sud les deux parties de la ville avec ses hautes murailles grises sans ouvertures que des portes de trois pieds de haut..." (Lettres du Maréchal de Saint Arnaud, 1832-1854, deuxième édition, tome premier, Michel Lévy frères éditeurs, Paris, 1858, p 530 ).

Cette Casbah serait la maison du Cheikh de Laghouat Ahmed ben Salem, puisqu'il règne en maître unique de la cité réunie depuis 1828. Qu'en pensez-vous?

Ci-joint aussi un fichier portant la lettre en question extraite du même ouvrage cité.

Extrait de Lettres du Maréchal de Saint Arnaud, 1832-1854, deuxième édition, tome premier, Michel Lévy frères éditeurs, Paris, 1858, pp 525-532

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Ahmida Mimouni 15/01/2017 19:33

Marey signale que Laghouat n'avait pas de hammam en 1844; je pense qu'on a dû en faire perfidement la remarque à Ahmed ben Salem; celui-ci, piqué au vif, a entrepris d'en construire un sans tarder. Pour ce qui est de Dar Eççaffah, je ne pense pas (mais c'est un avis personnel) que Ben Salem ait pu se permettre d'en entamer la construction tant qu'il n'avait pas un titre à faire valoir, d'autant plus que les rapports plutôt tendus avec le khalifa de l'émir Abdelkader ne rendaient pas les choses faciles; Ben Salem n'a pas été le premier à demander à être khalifa des Français, et en 1844, il était clair qu'Abdelkader ne regardait plus vers ces régions où l'autorité est détenue par les "Ajwâd" et non pas, comme dans celles qu'il contrôlait, par les "Chorfa" C'est une donnée socio-politique qui n'a pas reçu toute l'attention qu'elle mérite. Donc, à mon avis et en résumé, Dar Eççaffah n'existait pas, en 1844, au moins dans la forme et la dimension qu'elle avait en 1852. Il reste que de nouvelles données sont toujours possibles et je pense surtout à des sources arabes provenant de "rihlate" postérieures à celle d'Al Ayachi et qui seraient à découvrir surtout dans les "khizana" de nos frères marocains.