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Mémoire, Documentation et Archives de Laghouat

A travers ces pages, vous allez découvrir Laghouat, la porte du désert, une cité saharienne de l'Algérie, une ville du Xe siècle dont le nom a une origine plus ancienne encore. Ceci est un blog où je me contente de commenter des événements, illustrer des faits, partager des documents pour l'histoire dans le but d'aider en documentation nos chercheurs dans leur travaux académiques.

Le fondouk et le marché de Laghouat

Publié le 16 Janvier 2017 par Bachir Rouighi in Gravures

Le marché de Laghouat et le foundouk de Laghouat par Du Pin, capitaine d'état-major, mai 1844
Le marché de Laghouat et le foundouk de Laghouat par Du Pin, capitaine d'état-major, mai 1844

Le marché de Laghouat et le foundouk de Laghouat par Du Pin, capitaine d'état-major, mai 1844

Je vous propose deux dessins qui font parti des pièces jointes au rapport de Marey monge de 1844 (Source : Expédition de Laghouat, dirigée en mai et juin 1844 par le général Marey, commandant de la subdivision du Tittery, Typographie Bastide , place royale, Alger, 1845), dessinés et signés par le capitaine d'état-major Du Pin (en bas à gauche). Cet officier de la colonne a dessiné les vues des ksours visités, un méhari, l'itinéraire de la colonne dans l'expédition de Laghouat, avec toutes les indications utiles concernant la route, les bivouacs et les ksars.

Ces deux dessins présentent le marché de Laghouat et le fondouk deux Laghouat, deux lieux du ksar intimement  liés et de réciproque nécessité.

On admet généralement que le ksar est un village fortifié situé sur une hauteur au-dessus d'une oasis. C'est donc une collectivité saharienne, située en pays nomade et qui sert d'entrepôt pour les tribus pratiquant la transhumance ou encore les grands déplacements. La règle est que chaque tribu nomade est en relation avec un ksar habité par des sédentaires (ksouriens), qui lui sert de dépôt pour ses grains surtout. C'est aussi le lieu d'échange entre ces deux communautés. Je me rappelle d'un auteur français disant que le ksar pour le Sahara est ce qu'est le port pour une mer. Les rapports entre ksouriens et nomades sont consolidés jusqu'à la défense et la protection de ces villages par le contingent des tribus.

Les ksours sont des formes d'habitation et de vie collectives spécifiques au pays sahariens et dont la fondation remonte aux berbères ( Ighrem, Igherman au pluriel).

Un ensemble de ksours peuvent ce regrouper pour générer une ville comme c'est le cas pour Laghouat et Ouargla. Ici, le ksar devient une cité saharienne qui rayonne tout un pays dont elle est la capitale.

Laghouat a connu toutes ses phases de développement. Au moment où elle est considérée comme une ville importante pour le désert, elle s'est distinguée par sa chefferie, sa zone d'influence, ses dépendances et son organisation sur les plans administratif, économique et social. Ainsi Le ksar de Laghouat était fréquenté par les Larbaa en premier lieu, les Oulad nails, les A'mours, les Chaambas, les Said Ottba...tous ses mouvements de tribus et caravanes, faisait de Laghouat une ville marchande, surtout qu'elle était aux portes du désert et qu'elle était considérée comme une halte sur la route du pèlerinage depuis El Maghrib El Akça.

Je reviens au sujet pour dire qu'une telle ville doit avoir des structures particulières pour assurer ses activités, l'hôtel et les magasins. En effet, des maisons, assuraient, à Laghouat, ce rôle de dépôts, munies de greniers. L'hôtellerie était pratiquée dans le fondouk, qui été aussi un endroit où on négocier les affaires.

D'après les informations recueillies par Marey monge en 1844, Laghouat comptait un fondoukDaumas, évaluait aussi, en 1845 un foundouk situé dans le quartier des Ahlafs, sur les lieux de leur marché Souk Elkheir ou Souk Lekhiar- un Fondouk dont les arcades forment une espèce de péristyle où les marchands se mettent à l'ombre pour traiter leurs affaires- Il ajoutta que les souks de Laghouat étaient fréquenté par Les Arbaa, Les A'mour, Les Oulcd Khelif, Les Ouled Chaib, Les Mekhalif, Les Ouled Nails, Les Rah'man. Les Beni Mzab, Les Ar'azlia, Les Ouled Mokhtar, Les Oulad Sidi Atallah, , Les Said, Les Ahl Bou Sa'da, Les Chamba, etc

Fromentin décrivant Laghouat après les désastres de 1852 parlait -de la place, celle qu'on nomme la Grande-Place, pour la distinguer de deux fondouks, aussi déserts que les marchés-

En résumé, on note qu'il y existait deux marchés. Mais pour quelle raison Marey n'a parlé que d'un seul. De plus, Daumas a spécifié que le fondouk était bien particulier au quartier des Ahlafs -Chaque quartier avait autrefois son marche celui des Serein (Serghin) s'appelait Souk el Kaa (Gâa) et celui des H'allaf, Souk Lekhïer. Il est situé sur l'Oued Lekhter. Ce dernier quartier a de plus un Fondouk' dont les arcades forment une espèce de péristyle où les marchands se mettent à l'ombre pour traiter leurs affaires-. Quelques années après, Fromentin notait deux fondouk situés dans la grande place celle de Lekheir, sans nul doute.

 

 

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