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Mémoire, Documentation et Archives de Laghouat

A travers ces pages, vous allez découvrir Laghouat, la porte du désert, une cité saharienne de l'Algérie, une ville du Xe siècle dont le nom a une origine plus ancienne encore. Ceci est un blog où je me contente de commenter des événements, illustrer des faits, partager des documents pour l'histoire dans le but d'aider en documentation nos chercheurs dans leur travaux académiques.

Dar Eççafah : l'ornement de Laghouat

Publié le 11 Janvier 2017 par Bachir Rouighi in Histoire : Dar Eççafah

Dar Eççafah est tout simplement l’une des maisons de Laghouat. Dans les différents rapports depuis 1844, on comptait entre 400 et 800 maisons à Laghouat. Mais cette demeure est bien particulière par rapport aux autres. C’était la maison du Khalifa de Laghouat. On lui donnait plusieurs appellations : Kasbah de Bensalem, citadelle du khalifa Bensalem, maison-forteresse de Bensalem...Marey monge n'en parle pas dans son rapport sur l'expédition de Laghouat en mai 1844. Mais Fromentin la cite comme un hôpital en juin 1853 et affirme qu"elle était - autrefois la demeure du khalifa Bensalem- qu'elle - partage la ville en deux parties et (...) commende à la fois deux quartiers jadis ennemis- D'autres officiers comme le lieutenant-colonel Cler ou le général Pélissier en parle dans leur rapports sur le siège et la prise de Laghouat.

On ne cite pas la date de sa construction. Cependant, son édification serait quelques années avant la disparition du Khalifa Ahmed ben Salem. D’abord Cheikh des Ahlafs après le décès de son oncle Sayeh ben Zaanoun et de son père Maamar ben Zaanoun. Il devint Cheikh de Laghouat, maître de la ville toute entière depuis 1828 d’après plusieurs sources écrites coloniales. Ce pouvoir sera renforcé par le titre de Khalifa en 1844, une chefferie qui était souveraine sur Laghouat, ses tribus, ses ksours environnants et allait jusqu’au Djebel A’mour.

C’est donc durant cette période de prospérité et de stabilité que Ahmed ben Salem, le Khalifa de Laghouat entreprenait de construire des bâtiments nouveaux pour la population de Laghouat : Dar Eççafah, la maison blanche et le bain maure, la maison bleu comme les décrivait Mac Carthey en 1854 (Almanach de l’Algérie, 1854) (cf. texte-image 1).

Située sur la colline-rompe entre les deux mamelons Kaf Tizigrarine et Kaf El-Dalâa, dans ce lieu haut de la ville qui lui permettait d’orner le beau ksar gris et rougeâtre en haut des oasis verdoyantes, cette maison monumentale est décrite comme un ensemble de quatre grandes maisons comme l’affirme le docteur Huguet (Le pays de Laghouat, Huguet, 1905) (cf. texte-image 2).

Cette forteresse – placée avec assez d’audace sur un piédestal de rochers d’où elle dominait surtout la partie sud-ouest de la ville -.(Huguet, le pays de Laghouat) symbolisait la domination et la grandeur mais aussi, à mon avis, l’unité, l’entente et la réconciliation entre les çoff de Laghouat.

A la prise de Laghouat, le 4 décembre 1852, c’était là qu’un officier du deuxième zouave hissait l’aigle du 2ème régiment des zouaves sur – le dôme du minaret- de la kasbah et c’était là aussi qu’on avait pris les trophées de cette sanglante bataille (cinq drapeaux dont l’un serait celui de Bensalem ou de la ville). Depuis, ce fut un hôpital et en 1855, Margueritte décida de la supplanter par une aussi monumentale mosquée achevée en 1874, date à laquelle la fameuse Dar Eççafah n’existait plus.

La seule description détaillée que je connaisse à ce propos est celle du docteur Dreyfus dans son article sur l’hôpital militaire de Laghouat in bulletin de la société de géographie d’Alger et de l’Afrique du nord dont je vous propose deux extraits en image ( textes-images 3 et 4) décrivant la kasbah de Bensalem.

Dar Eççafah : l'ornement de Laghouat
Dar Eççafah : l'ornement de Laghouat
Dar Eççafah : l'ornement de Laghouat
Dar Eççafah : l'ornement de Laghouat
Dar Eççafah : l'ornement de Laghouat
Dar Eççafah : l'ornement de Laghouat
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