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Mémoire, Documentation et Archives de Laghouat

A travers ces pages, vous allez découvrir Laghouat, la porte du désert, une cité saharienne de l'Algérie, une ville du Xe siècle dont le nom a une origine plus ancienne encore. Ceci est un blog où je me contente de commenter des événements, illustrer des faits, partager des documents pour l'histoire dans le but d'aider en documentation nos chercheurs dans leur travaux académiques.

Description de Laghouat

Publié le 4 Mars 2016 par Bachir Rouighi in Documents

Description de Laghouat

Ce document est une description de la ville de Laghouat.

Extrait de l'Aliéniste français, bulletin de l'association de l'amicale des médecins des établissements publics d'aliénés, année 1938. pp 420, 421.

Source : BnF - Gallica la bibliothèque numérique.

 

"... Laghouat est allongée de l'est à l'ouest, autour de deux rochers, dont les arêtes coupantes et nues, émergent des maisons, comme les bosses pelées d'un chameau, pointent au-dessus de sa toison blanche.

Sur ces arêtes terreuses, se font face deux grêles Koubas, au péristyle à arcades en fer à cheval, rehaussé de mosaïques. Consacrées à deux saints marabouts d'autrefois et reconstruites avec fantaisie par les Français, elles se détachent avec la frêle élégance du petit temple de la Victoire Aptère au bord de l'Acropole, mais leur style est musulman et elles sont intactes. Celle de l'est est dominée par le fort Morand. Celle de l'ouest domine la masse carrée de l'hôpital militaire Bouscaren. jadis forteresse. Pendant des siècles, ces deux hauteurs appartenant à des sectes ennemies, se menacèrent à une centaine de mètres l'une de l'autre et furent ensanglantées de combats. Les derniers,. et les plus terribles, furent ceux de l'assaut des zouaves dont Fromentin a laissé une saisissante description. La vue est la même de l'une et de l'autre.

Au Nord, la ville principale où les joailliers, les tisserands, les épiciers, les commerçants ont leurs boutiques, où les ouled-naïls exhibent leurs parures, où les cafés maures écrasent leurs clients sous la musique graillonnante de. leurs haut-parleurs, où voilées d'un haïque bleu, imperceptiblement fissuré devant un seul oeil, marchent de longues et souples femmes, où les européens ont intercalé leurs demeures, leurs bureaux, leur église, en stylisant les formes d'après le goût arabe. Au delà, la palmeraie verdoyante que ferment brusquement trois collines roses, en retrait les unes sur les autres, comme un triple paravent contre le froid du nord. La dernière s'auréole d'indigo sombre, justifiant ainsi son nom de Djebel Lazrag : montagne bleue.

Au Sud, la ville pauvre, le Schetett, où ne viennent guère les touristes, où des chameliers loqueteux poussent devant eux des bêtes décharnées et sans bride, blatérant de douleur, sous la charge écrasante, mystérieusement arrimée Sur leur dos. Et derrière, encore la palmeraie étalée comme un tapis tie billard dont les bords élimés plaquent des déchirures sur l'immense tablette de bois de rose du désert.

A l'Orient, encore des palmiers assiégés par les sables que creuse le lit de l'Oued." Page 420.

" A l'Occident, et à. une portée de fusil de chasse, le prisme sinistre du Rocher des Chiens où l'on déporte les animaux infirmes pour y mourir calcinés de soleil et dépecés par les vautours." Page 421.

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