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Mémoire, Documentation et Archives de Laghouat

A travers ces pages, vous allez découvrir Laghouat, la porte du désert, une cité saharienne de l'Algérie, une ville du Xe siècle dont le nom a une origine plus ancienne encore. Ceci est un blog où je me contente de commenter des événements, illustrer des faits, partager des documents pour l'histoire dans le but d'aider en documentation nos chercheurs dans leur travaux académiques.

Un « Chef de tribu » Parlementaire

Publié le 31 Juillet 2017 par Bachir Rouighi dans Histoire

Un « Chef de tribu » Parlementaire

Il est vrai que Laghouat a eu beaucoup d’hommes valeureux, qui œuvraient à sa prospérité et son progrès, à travers toutes les époques de son histoire. On a beaucoup parlé de ses habitants tenaces et hostiles à tout occupant, ses descendants des Gétules et de Hillal ibn Ameur, les maîtres du désert. Ainsi que de ses cadres et petits fonctionnaires qui ont servi honorablement leurs concitoyens, ses notabilités, ses hommes de culture...

A côté de ceux-là, il existe d’autres hommes que la tendance moderniste les a qualifiés de « vieux turbans ». Ces derniers se sont consacrés à la chefferie de leurs tribus et leurs territoires. Toutefois, ce qui est remarquable  c’est  que  ses  chefs  aux  fonctions  administratives  étaient Aussi des « hommes politiques ». En effet, je cite que par  exemple   le   chef   des   Larbaâ   était   un « parlementaire ».

Un « Chef de tribu » Parlementaire

Il s’agit de Si el hadj Lakhdar ben Mohammed ben Tayeb, ce notable local de Laghouat assumait en plus de sa charge de chef de confédération de tribus, celle de membre des délégations financières algériennes.

 

Hadj Lakhdar entra aux délégations financières algériennes, à l’âge de 62 ans. Il y siégea de décembre 1898 à décembre 1904. En 1904, par exemple, Il présida la séance du 7 mars 1904 comme doyen d’âge. Il était représentant  de  la  section  arabe  et  faisait  parti  de  la  commission 

« agriculture, commerce et industrie, postes et télégraphes, colonisation et forêts ».

Un « Chef de tribu » Parlementaire

Son entrée à ce quasi-parlement est motivée d’abord par ces fonctions administratives, étant le chef d’une importante confédération de tribus. Puis par son appartenance à une famille de la noblesse militaire algérienne. Ce sont les critères d’élection à ce moment-là. Ce qui nous rappelle, sans doute, les premières assemblées à caractère aristocratique de l’ancien régime, ancêtres de parlements puissants d’aujourd’hui.

Il faut dire que dans ce parlement embryonnaire, les délégués ne proposaient pas des lois, comme il est coutume dans la tradition parlementaire, car le gouvernement colonial limitait leurs interventions sous formes de vœux. Ils usaient, alors, pleinement de cette prérogative et n’arrêtaient pas d’émettre des vœux sur divers points de vue. Plus particulièrement, lorsqu’il s’agit du culte musulman (création de mosquée, médersas, enseignement coranique, nomination d’imams et de mouderess…) ou encore des intérêts économiques (développement des voies ferrées, propriété collective, propriété archs…).

Les délégations algériennes sont créées par décret du 23 août 1898, le but de cette nouveauté dans le système colonial était d’apporter à son gouvernement des « opinions libres » sous forme de vœux directes des représentants des contribuables algériens.

Si el Hadj Lakhdar FERHAT, notre premier parlementaire est en 1836, appartenant à une famille très ancienne de la région, il a administré les tribus Larbaâ, jusqu’à son décès le 28 avril 1914.

 

                                                                                                    Bachir Rouighi

Un « Chef de tribu » Parlementaire
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La Chasse à l'autruche

Publié le 3 Mars 2017 par Bachir Rouighi

La Chasse à l'autruche

L'autruche vivait dans le pays de Laghouat. Sa chasse était un plaisir pour les habitants de cette contrée. Le Chef du cercle de Laghouat, le commandant Marguerite raconte ici, son histoire avec la chasse d'autruche accompagné de gens de la tribu des Mekhalifs de Laghouat.

Ces pages-photos sont un extrait du journal des chasseurs de novembre 1857, un livre du domaine public mis en ligne le 16/02/2017 par la BnF : bibliothèque nationale de France sur son site Gallica, la bibliothèque numérique.

Des années plus tard, Marguerite, devenu Général, écrivait un livre sur les chasses : Chasses d'Algérie et notes sur les arabes du sud, qui contient aussi des informations sur Laghouat et l'épisode de la Bataille de Ksar EL Hirane entre les çoffs de Laghouat.

itre :  
Journal des chasseurs 

Éditeur :  
[s.n.?] (Paris) 

Date d'édition :  
1857-11 

Type :  
texte 

Type :  
publication en série imprimée 

Langue :  
français 

Langue :  
françanovembre 1857 

 
La Chasse à l'autruche
La Chasse à l'autruche
La Chasse à l'autruche
La Chasse à l'autruche
La Chasse à l'autruche
La Chasse à l'autruche
La Chasse à l'autruche
La Chasse à l'autruche
La Chasse à l'autruche
La Chasse à l'autruche
La Chasse à l'autruche
La Chasse à l'autruche
La Chasse à l'autruche
La Chasse à l'autruche
La Chasse à l'autruche
La Chasse à l'autruche
La Chasse à l'autruche
La Chasse à l'autruche
La Chasse à l'autruche
La Chasse à l'autruche
La Chasse à l'autruche
La Chasse à l'autruche
La Chasse à l'autruche
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Une distinction exeptionnelle

Publié le 7 Février 2017 par Bachir Rouighi

Voici un discernement attribué à Mebrouk Djoudi, le luthier de Laghouat.

Cet artiste du bois est un musicien. Il était Président et chef d’orchestre de la troupe musicale Thoraya de Laghouat, fondé en 1943.

Par ce brevet Mebrouk DJOUDI est promu " Meilleur Artisan Algérien " en 1954.

Ce certificat m'a été adressé une première fois sur facebook par un autre artiste de Laghouat, un professionnel de la radio Monsieur Badis Lalmi, Directeur de la radio de Djelfa. 

Takhi Cheikh-ali, un documentaliste, biographe  et connaisseur de l'histoire de la musique, des troupes et artistes de Laghouat m'a transmis aussi une copie numérisée de ce brevet discerné par la Direction du Commerce de l'Energie et de l'Industrie du Gouvernement Général d'Algérie.

Cette distinction accordée en novembre 1954 est une reconnaissance pour l'activité de Si Mebrouk Djoudi dans la catégorie " Bois ". Si Mebrouk fabriquait des instruments de musique et particulièrement la luth. 

Une distinction exeptionnelle
Une distinction exeptionnelle
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De nouvelles photos de Laghouat sur ebay

Publié le 6 Février 2017 par Bachir Rouighi dans Photographie

Voici des photos de 1922 soumises aux ventes aux enchères sur le site ebay du Khalifa du Sahara FERHAT Si Djelloul ben Lakhdar ben Mohammed ben taïeb  en compagnie d'officiers français dans la maison mauresque de BENSALEM Si Mohammed ben Cheikh-ali ben Ahmed ben salem.

Toujours sur le même site, un  portrait de 1922 du Khalifa Si Djelloul Ferhat.

Enfin, un autre portrait de 1922 d'un autre Chef arabe de Laghouat de la famille de Bensalemn probablement Bensalem Si Mohammed ben Cheikh-ali ben Ahmed ben salem.

De nouvelles photos de Laghouat sur ebay
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Quelques notes sur le Larbaa de Laghouat (…)- contribution de Bachir Rouighi-

Publié le 3 Février 2017 par MOHAMMED HADJ AISSA

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Question sur l'ethnologie de Laghouat

Publié le 2 Février 2017 par Bachir Rouighi dans Ethnologie

Les traces de la vie humaine au Sahara remontent à la nuit des temps. Dans l’antiquité, un peuple de nomades sahariens les Gétules a habité une grande partie de ce vaste désert dont certains se sont sédentarisés et avaient occupé les oasis du Sahara.

Des auteurs Grecs et Romains comme Strabon, Pline l’Ancien et Salluste s’accordent sur l’origine berbère de ce peuple nomade des oasis du Sahara, au sud des royaumes berbères des massyles et des massaesyles et au nord des berbères libyens les Garamantes qui eux, occupaient le territoire s’étendant jusqu’à l’Ethiopie.

Laghouat, est une ancienne oasis où on retrouve toutes les conditions favorables à une vie sédentaire. Elle est située dans ce pays des Gétules, qui étaient nombreux sur les versants méridionaux de la chaine atlasique.

Ce sujet se précise plus lorsqu’on parle des Zénètes berbères qui font partie de ce peuple antique de Gétules. Zenata ont occupés Laghouat et compte parmi eux une tribu dont l’éponyme est du même nom, Laghouat, comme l’a énoncé Ibn Khaldoun.

Les événements de l’édification de l’Etat fatimide sont aussi très significatifs sur l’ethnologie de Laghouat et son existence où l’on sait qu’elle faisait partie des contrées du prince berbère des Maghrawas Zénète, El-kheïr ben Mohammed ben khazar El-zenati qui a soutenu la cause fatimide contre Abi yazid Mekhled ibn Keldad, le kharidjite révolté contre le sultan fatimide El-Mansour Ismaïl abou El-Abass. C’est dans une relation de ces événements que Laghouat est citée et reconnue comme ville par Abi Abdallah Mohammed ibn Ali ibn Hamad El-Sanhadji dans son manuscrit Akhbar Moulouk Banou Obeid wa siratouhoum . Cela remonte à l’an 936.

Un siècle après ces événements où le pays était berbère, les premiers arabes Banou Hillal représentés par les Zoghba occupèrent les terrains de ce pays et tous les pays limitrophes : le Djebel Rached qui porta plus tard le nom de « Djebel Amour », le pays des Oulad nail et Sehari jusqu’à M’sila. A ces hillaliens se mêlèrent les berbères Senjas et autres maghrawa, dont Laghouat qui en majorité ont quitté ce pays pour le Ksel et l’oranie (Ain Temouchent) mais ont laissé des fractions à Laghouat. Il est de même pour d’autres tribus Zénète comme les Banou Badin.

Terre éloignée et lointaine située dans le pays de la soif, mais abritant plusieurs villages ou ksours perchés sur les imminences du Tizigrarine et autres hauteurs sur la même ligne depuis El-kheneg Nefdjil jusqu’aux derniers pitons en face du Kaf Dalaa, Laghouat serait un lieu propice pour tant de réfugiés au milieu de ses oasis où la vie est paisible et prospère.

Se référant aux premières informations recueillies par les commandant supérieurs de la ville de Laghouat et notamment Margueritte et Philebert, sur l’origine des populations de Laghouat, on sait que parmi les plus anciennes fractions ayant habité Laghouat aux côtés des autochtones Oulad Serghine des Laghouat Ksel ou Beni Laghouat ou encore tout simplement les Laghouat : il y a les Oulad Salem et les Kherarga. A ceux-là se sont fédérés d’autres populations immigrées. Mangin et Philebert nous ont expliqué ce mouvement des populations que René Basset nous confirme au fil de ces pages annexées dans l'extrait ci-dessous du journal asiatique, tome 16, année 1890.

Toutefois, est-ce que ces énoncés écrits au moment de la conquête, fournis par on ne sait quels informateurs suffisent pour savoir l’ethnologie de Laghouat ?

 

Question sur l'ethnologie de Laghouat
Question sur l'ethnologie de Laghouat
Question sur l'ethnologie de Laghouat
Question sur l'ethnologie de Laghouat
Question sur l'ethnologie de Laghouat
Question sur l'ethnologie de Laghouat
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Aperçu sur le pouvoir et la chefferie locale à Laghouat

Publié le 27 Janvier 2017 par Bachir Rouighi dans Histoire

Aperçu sur le pouvoir et la chefferie locale à Laghouat

Laghouat, longtemps décrite et appréciée pour ses oasis, ses beaux jardins, ses ksours élevées sur des pitons..., avait aussi une organisation, des institutions, des çoffs...etc. En somme, Laghouat était une ville fortifiée et organisée. Elle tirerait cette organisation des us et coutumes de la gestion de la chose publique, pratiquées par les berbères et ancrés par les romains en Afrique du nord. 

De ce fait, il est libre d'affirmer que la municipalité existait en Afrique du nord et dans le Sahara bien avant l'arrivée des romains, les concepteurs de la chose publique. En effet, les berbères avaient connus la société organisée et la vie commune dans leurs villes ou villages fortifiés, parmi lesquels, les ksours sahariens.

Sur ce sujet, la sociologue Odette Petit nous affirme que dans une oasis saharienne -le petit corps politique est exclusivement municipal ; il n'y a de vie commune que dans la même enceinte de murailles. L’élément autonome est le village- et -la seule institution organisé est la Djemaa-, Ce qui me pousse à dire que le ksar ou l'oasis était muni d'un organe politique équivalent au sénat de Rome ou de Carthage. Pour ce qui est du pouvoir et du commandement, il est entre les mains d’une chefferie locale; et c’est le cas pour Laghouat, où le cheikh ou bien les cheikhs de chaque çoff exécutait les décisions de la Djemaa. Ces chouyoukhs détenaient les prérogatives des suffètes carthaginois ou Consuls romains.

Certaines cités sahariennes comme Ouargla et Touggourt avaient été organisées en Sultanat. Autrement dit, elles ont connu un gouvernement plus développé. Aux Zibans (pays de Biskra), deux grandes familles se disputaient le pouvoir et le titre héréditaire de « Cheikh El-arab », Les Bengana et les Bouakkaz. Toutefois, ces pouvoirs portaient allégeance aux beys et à la régence d’Alger. C’était, une sorte de force qui sauvegardait la paix dans les pays lointains de la régence et lui garantissait la perception de l’impôt. Ils levaient les colonnes appelées mhallas nécessaires au maintien de l’ordre et la récupération de la lezma.

Revenant à Laghouat, celle-ci était composée de deux çoffs : Ahlafs et Oulad Serghin. Chacun avait son cheikh et sa Djemaa. Le çoff est le parti, c’est-à-dire la communauté politique où se retrouvent les mêmes intérêts à défendre dans une municipalité à l’image du ksar saharien. C’est aussi tout un système d’alliances avec des tribus qui se rangeaient aux côtés de tel ou tel çoff, mais aussi ces çoffs basculaient la suzeraineté du côté de tel ou tel pouvoir suprême et dominant, ce qui créait une instabilité du pouvoir, une dépendance et une suprématie des protecteurs. Ce système administratif est le protectorat.

Limitons nous sur l’histoire du pouvoir à Laghouat pour dire que ce pouvoir de la ville, longtemps disputé entre les deux partis, fut unifié à partir de 1828. Une fois entre les mains du Cheikh des Ahlafs , Si Ahmed ben Salem ben Maamar ben Zaanoun, le pouvoir est détenu par le Cheikh de Laghouat ou mokkadem de Laghouat comme le précise certaines sources vis-à-vis de la confrérie Tidjania, sans nul doute.

Une petite analyse des péripéties de l’histoire administrative de la ville de Laghouat depuis sa fondation est nécessaire pour comprendre l’importance de ce pouvoir unifié dans l’histoire de Laghouat.

En effet, depuis sa fondation comme ville fortifiée vers 1700, Laghouat n’a pu être commandée par un seul pouvoir. Malgré les murailles et le pouvoir spirituel de Sidi el Hadj Aissa et son ascendant, le pouvoir temporel est resté lié aux dissensions séculaires des Ahlafs et Ouled Serghin, dont les familles influentes et les chefs s’alliaient avec l’un ou l’autre des pouvoirs forts de la région. Les faits ne manquent pas pour illustrer cette histoire de discorde entre les chefferies locales. Sur ce point je vous laisse lire ce que dit le docteur Huguet à propose de la lutte des çoffs, dans cet extrait de son article qui retrace toute l’histoire du pouvoir à Laghouat, à partir de 1700 jusqu’à l’avènement de Si Ahmed ben Salem El-Zannouni « en 1708 le sultan marocain Mouley Ismaël, qui parcourait le Sahara, vint camper à l'Ouest de la ville qui lui paya tribut. A cette époque, Laghouat était divisée en deux partis : d'un côté les Oulad Serghin comprenant les Djeghâmis, fraction des Ksal; les Beddara, les oulad Sekedal, fraction des Oulad Zid, les Felidjàt venus de Tunis ; de l'autre les H'alaf (Confédérés) composés des Oulad Sàlem venus du Gourara, des Oulad Kherig du Ferdjioua (Constantine), des Meghâreba de Figuig. A des jours fixés, ils se livraient des batailles dans les jardins de l'oasis. »

« Tandis que le quartier des H'alaf était longé parla prise d'eau, celui des oulad Serghin ne pouvant être ravitaillé, était dans de très mauvaises conditions pour pouvoir recueillir l'eau nécessaire à l'arrosage des jardins. L'unique objectif était pour tous la prise de possession de la dérivation de l'Ouest Mzi; les quartiers des H'alaf et des Serghin formaient pour ainsi dire deux villes ayant chacune leur marché, et s'administrant chacune par une Djemàa.

Continuellement en discussion, saus cesse aux prises, les deux quartiers ne cessaient de se battre que lorsque l'un d'eux épuisé se résignait à subir la suprématie de l'autre; le parti vaincu se soumettait alors aux conditions imposées par le vainqueur jusqu'à ce qu'il eût repris l'espoir d'avoir 1« dessus dans une nouvelle lutte. Les H'alaf comptaient dans leur sein une famille importante et vénérée, originaire des Gourara, qui avait pour chef, vers la fin du xyii" siècle, le nommé Zaanoun ben Nin. Cet homme fut placé à la tête de la Djemda des H'alaf, qui lui laissa un pouvoir à peu près absolu; en 1730 l'empereur du Maroc lui donna même un cachet.

A peu près à la même époque, un Marabout de Tlemcen, dont la mère était fille de Si El Hadj bou Hafs, des Oulad Sidi Cheikh, vint se fixer à Laghouat dans le quartier des Oulad Serghin. Son infiuence était considérable dans tout le pays et Si El Hadj Aïssa, malgré son caractère bouillant et emporté, était consulté par tous dans les affaires importantes.

A partir de ce moment, au\ motifs anciens de querelles qui existaient entre les H'alaf et les Oulad Serghin, vinrent donc se joindre les questions personnelles de compétition, de pouvoir et d'influence des Oulad Zahnoun et de Si El Aadj Aïssa. Ces querelles sanglantes exigèrent plusieurs fois l'intervention des beys turcs.

En 1797, le Bey Mohammed El Kébir d'Oran, après un échec subi par le Bey Mustapha de Médéa, vint s'emparer de Laghouat et des Ksourde l'Oued Mzi qui avaient refusé depuis quelques années le versement de l'impôt annuel de 700 réaux dont le paiement avait été consenti par eux au gouvernement turc depuis 1727.

Contraints par la force, les habitants durent consentir à acquitter à la fois l'indemnité de guerre et un impôt annuel. L'autorité fut partagée entre deux Cheikhs : l'un Ah'med Lakhdar, serviteur dEl Hadj Aïssa, pour les Oulad Sorgtiin; l'autre, Saïh ben Zahnoun pour les H'alaf. On comprend que cette disposition favorisa les guerres civiles qui reprirent de plus belle.

Le bey ayant dû revenir en 1798 prit parti pour les H'alaf et détruisit le quartier des Oulad Serghin qui se réfugièrent à Tadjmout. Mais six mois après le départ du bey, les Oulad Serghin, à la faveur d'une surprise de nuit, se réinstallèrent dans leur quartier. La guerre continua ainsi pendant quatre ans entre les deux partis avec des alternatives de succès et de défaites pour les deux soffs qui s'adressèrent chacun au gouvernement turc pour obtenir son appui. Le bey Osman gagné par les Oulad Serghin vint donc en 1803 combattre les H'alaf qu'il expulsa de Laghouat. Mais, à son départ, ces derniers revinrent occuper leur quartier dans lequel ils se fortifièrent.

De plus, Saïh ben Zahnoun et son frère Mammar, afin de gêner les gens d'El Assalia qui avaient pris parti pour les Oulad Serghin, fortifièrent le Ksar d'El Hiran qu'ils peuplèrent de leurs partisans. Cependant, peu après, Saïh et Mammar furent tués, et leurs petits-enfants se réfugièrent à Fei pour éviter le même sort. Saïh n'avait pas de fils; Mammar n'avait eu qu'un fils nommé Salera qui était mort avant son père.

Les deux fils de Salem, Ahmed et Yahia, restèrent quelques années en exil, puis ils furent rappelés par leur parti qui subissait péniblement le pouvoir des Oulad Serghin dirigé par Ahmed Lakhdar. Ahmed ben Salem, dont l'esprit politique commençait déjà à apparaître, fit demander et obtint en mariage la fille d'Ahmed Lakhdar, lequel à la suite de cette alliance permit le retour d'Ahmed et Yahia à Laghouat, mais à la condition qu'Ahmed n'exercerait pas seul le commandement des H'Alaf et qu'il aurait deux conseillers nommés par Ahmed Lakhdar.

A peine arrivé au pouvoir, Ahmed Ben Salem se débarrassait de ses deux conseillers; Ahmed Lakhdar mourait assassiné, dit-on, d'après les ordres d'Ahmed ben Salem qui prit avec ses adhérents la suprématie sur les deux quartiers de Laghouat (1828). Grâce à l'habileté politique d'Ahmed ben Salem, les deux partis n'ayant plus que lui pour chel' parurent oublier leurs anciennes querelles. Ahmed ben Salem gouverna Laghouat sans opposition et commanda à tous les Ksour environnants. Du reste, il donna à Laghouat une prospérité inconnue avant lui. Les caravanes du Sud revinrent s'y approvisionner et y échanger leurs produits; les nomades y déposèrent leurs grains » (HUGUET (J. Dr). Les soffs du Tell et du Sahara, revue de l’Ecole d'Anthropologie., nov. 1907, pp 374, 375 et 376)

Je reviens à notre cheikh Ahmed ben Salem donc, maintenant que vous avez pris connaissance des circonstances de son avènement au pouvoir de Laghouat, pour constater que ce fait historique est tout à fait notoire pour l’étude du pouvoir politique et administratif dans une cité saharienne. C’est à partir de 1828 que commencent les prémices d’un pouvoir unique avec une organisation solide où selon le lieutenant Mangin « L’autorité entre les mains d’un seul fut un heureux événement pour Laghouat, et malgré une certaine inimitié qui subsista entre les deux parties, le calme et la paix régnèrent dans la ville. Les caravanes arrivèrent en grand nombre, apportant les produits du Sud en échange des denrées venues du Tell. Les Arabes nomades vinrent de tous côtés déposer leurs grains chez les Beni-Laghouat, et, pendant plusieurs années, Ahmed-ben-Salem réussit à maintenir une paix profitable et à faire respecter son autorité ». Jusqu’au jour malheureux où le cheikh Bensalem, sa ville et son guide spirituel Tidjani se trouvaient confronté de nouveau à une lutte de pouvoir. C’était au moment de la consolidation du nouvel Etat algérien, celui de l’Emir Abdelkader, crée à la suite de l’effondrement de la régence d’Alger et du pouvoir ottoman. Avec cet évènement, la lutte des çoffs était de retour et l’ancien çoff des Serghine prenait le pouvoir en 1837, représenté par le Marabout Si Larbi ben Bouhafs ben Boumediène ben Sidi el Hadj Aissa, et par cette allégeance à l’Emir Abdelkader, ce dernier consolidera son pouvoir dans le Sahara, créant ainsi le Khalifalik du Sahara sous la direction de Hadj Larbi ben Bouhafs et ayant Laghouat comme capitale.

Ceci ne durera pas longtemps, et Ahmed Ben salem revient au pouvoir en 1839, mais l’espoir de voir naître un grand cheikhat de Laghouat est de plus en plus menacé. Ahmed ben Salem tentera une dernière opportunité pour assurer la souveraineté de Laghouat est ses dépendances, cette fois-ci avec les français conquérants du nord du pays et probablement des nouveaux protecteurs. En 1844, Ahmed ben Salem est proclamé Khalifa de Laghouat et ses dépendances suite au traité avec le Général Marey monge, chef de la subdivision de Médéa. Nommé officiellement Khalifa de Laghouat au nom du roi français par ordonnance royale du 16 août 1844, son Khalifalik est organisé le 27 mai 1846 en trois Aghaliks commandés par trois Aghas : Yahia ben Maamar ben Zaanoun pour l’Aghalik des Ksours du sud ; Ben nacer ben Chohra, pour l’Aghalik des Larbaa ; Messaoud pour l’Aghalik du Djebel Amour. Messaoud remplaça l’Agha Djelloul ben Eddine, mais fut destitué par Bugeaud le 2 mai 1847 et remplacé par l’Agha Djelloul qui ne dépendra plus du Khalifalik de Laghouat depuis cette date.

A mon avis, le livre de Mangin sur l’histoire de Laghouat est plus plausible pour raconter cet épisode crucial de l’histoire du khalifalik de Laghouat, mais aussi le rang et le rôle de Si Ahmed ben Salem dans l’édification d’un khalifalik, dans une période de tension accrue ! Je vous laisse lire ce témoignage historique du lieutenant Mangin sur le Khalifa Ahmed ben Salem. « Malheureusement, ces excellents conseils ne tardèrent pas à être oubliés, et de grands malheurs fondirent sur les Beni-Laghouat » Toute l’histoire de son maintien au pouvoir et son combat pour son édification est relaté par le lieutenant Mangin dans ses notes sur l’histoire de Laghouat, dont voici ci-joint un extrait du volume 38 et 39 de la revue africaine qui traite de cette période de 1844 à 1852.

Cet extrait se termine par ces circonstances « Ahmed-ben-Salem tomba malade à Boghar et y mourut. Ses funérailles eurent lieu à Laghouat. Tedjini y assista, … »

Je conclue, en disant que la vie d’Ahmed ben Salem, mérite d’être repenser, ces actes et les faits auxquels il avait participé doivent être mis en valeur afin d’écarter tout équivoque sur les valeurs intrinsèques de ce chef traditionnel.

Ahmed ben Salem ne s’est jamais retiré de Laghouat pour Médéa, il y fut ramené de force par le Général de Ladmirault après le retrait de la colonne en avril 1852 et mort à Boghar certes, en mai 1852. 

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Le ksar de Laghouat en 1846

Publié le 26 Janvier 2017 par Bachir Rouighi dans Documents

Le ksar de Laghouat en 1846

Une page du registre des renseignements sur les tribus de la subdivision de Médéa (1844/1873) dont Laghouat fait partie, nous donne les informations suivantes sur Laghouat en 1846 :

Je saisi ici quelques informations importantes et je vous laisser consulter le document. Il s’agit d’une pièce du registre

En premier lieu voici une information générale sur Laghouat considérée comme tribu puis Ksar. Le rédacteur a confondu Laghouat avec les autres tribus de la subdivision. Mais comprenant qu’il s’agit d’une ville, on a rectifié le titre : Ksar de Laghouat.

" L'oasis de Laghouat dont la ville de Laghouat est le chef-lieu est borné au nord par le Djebel Amour et le pays de parcours des Oulad Saad ben Salem, à l'Est par les terres de parcours des Larbaa, au Sud par les terres de parcours des Arazlia (Hrazilai) et à l'ouest par le Djebel Amour et le pays des Laghouat Ksell. La ville de Laghouat se trouve à 95 lieux sud de Médéa, à 65 lieux nord-est de Ghardaïa, chef-lieu de l’oasis des Beni Mezab, à 75 lieux ouest l’abïed Sidi Cheikh et à 120 lieux de

Dans cet ordre d’idées, sont données, dans la colonne ‘ Fractions ou quartiers de ce tableau de renseignements, les noms des rues et quartiers du ksar de Laghouat :

  • Bab el Barani, porte de la ville
  • Zgag el hadjedj, rue
  • Zgag sidi smaïl, rue
  • Chera, rue
  • Dolä el gueblia, rue
  • El argoub, rue
  • Zgag el guesab, rue
  • Zgag maïguen, rue
  • Zgag maïgnen, rue
  • Zgag el hamar, rue
  • Zgag smaïl gheurbi, rue
  • Hasi elgaä, rue
  • Zgag el gheurbi, rue
  • El theleij
  • El gebeur haddad, rue
  • Châra el gheurbi, place rue
  • Chetit, rue

Pour la colonne des Cheikhs et Caïds, il est cité le nom de « SI Ahmed ben Salem, nommé Khalifa en mai 1844 ».

Concernant l’historique de la tribu (le ksar) il est noté que « La ville de Laghouat a été pendant longtemps le théâtre de guerres intestines entre le parti des ouled serrin (serghine) et des hallafs dont les grands se sont toujours disputés le pouvoir. Enfin il est resté dans les mains des hallafs dont le chef actuel ahmed ben salem descend, elle a été soumise d’abord au maroc ensuite aux turcs, l’émir abdelkader tenta inutilement d’y établir sa domination, les fourberies et les craintes qui ont accompagné ses attaques ont allumé une guerre religieuse contre lui dans l’esprit de cette population paisible. En mai 1844, une colonne française institua le khalifalik, nomma un chef qui le régit au nom de la France. Il a une force de 20 khialas et 200 askeurs soldés par le gouvernement.

Ses principales richesses consistent en dattiers, palmiers, arbres fruitiers de toutes espèces, grands et beaux jardins, entrepôts général de toutes les tribus du sud, achat et vente de grains venant du tell, des dattes de tuggurt (Touggourt), des tissus, quincailleries etc venant d’alger et médéah »

Autre information sur l’activité économique de Laghouat en 1846 : « rendez-vous de la majeur partie des pèlerins qui vont à la mecque, fabrique des bernous, haiks, grand houra (gondourra), tellis etc…

Elle tient dans la ville près du fondouk un marché couvert en forme de péristyle où se rendent toutes les tribus du sud »

Pour les familles influentes et les çoffs il est signalé les noms suivants :

Si ahmed ben salem : khalifa de Laghouat et de ses dépendances, homme d’une grande influence et très attaché à l’autorité française.

Djaffra

Yahya ben ameur (yahia ben maamar) frère du khalifa, agha du sud

Ahmed

Ouled serghin ; descendants des ouled serghin compétiteurs de la famille de Bensalem

Ouled Belaïz

Ouled Youb

NB. Ce document divulgue deux autres fractions de Laghouat ; les ouled Belaïz et les oulad Youb. Qui sont-ils ?

Ces informations sont insérées dans le registre " renseignements généraux sur les tribus 1844/1873 " de la subdivision de médéa. de la série des bureaux arabes de l'algérois du fond du gouvernement général d'Algérie GGA, aux archives nationales d'outre mer à Aix-en- provence.

 

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Une description succincte de Laghouat d'un point de vue colonial

Publié le 20 Janvier 2017 par Bachir Rouighi dans Documents

Une description succincte de Laghouat d'un point de vue colonial

Le texte est d'onésime Reclus de son livre "La France et ses colonies", tome second, nos colonies, Librairie Hachette et Cie, 1889, Paris.
Source ;la bibliothèque numérique Gallica BnF, Bibliothèque Nationale de France.
Avec une un dessin de Barclay, d'après une photo représentant une vue général sur Laghouat.

Ce texte décrit Laghouat avant la conquête et met l'accent sur les rivalités entre les populations de Laghouat, ce qu'on appelle les çoffs ou soffs jusqu'au point d'affirmer que Laghouat c'était trois ville : l'une maraboutique c'est à dire religieuse pour désigner le Schettet où résidait la famille maraboutique de Sidi El hadj Aissa. Deux autres villes qui s'étendaient de l'oasis vers les hauteurs, les deux mamelons du Djebel Tizgrarine. La vérité est toute autre chose ! qui es de cet avis?

 

 

Une description succincte de Laghouat d'un point de vue colonial
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Document biographique sur Aurélie Picard

Publié le 20 Janvier 2017 par Bachir Rouighi dans Documents

Aquarelle du palais de Kourdane par Rachid AOUISSI (Laghouat)

Aquarelle du palais de Kourdane par Rachid AOUISSI (Laghouat)

Aurélie Picard, dite Lalla Yamina, une fois première dame de la zaouia d'ain Madhi, est l'épouse française de Sidi Ahmed Amar Tidjani, le Chef spirituel d'Ain Madhi, le khalifa de la grande confrérie Tidjania. Fils de Sidi Mohammed El-habib ben Sidi Ahmed EL-Tidjani (1737-1814) et son successeur à la tête de la confrérie du temps où le Caïd Rayan tenait le pouvoir temporel à Ain Madhi mais veillait aussi sur la primauté de la Zaouia Tidjania

Beaucoup de livres sont écrits sur la vie de cette dame, avec des syles différents mais surtout littéraires qui nous donne lecture sur les faits de son mariage avec l'aristocrate musulman algérien Sidi Ahmed Amar, sa construction du nouvelle résidence pour la zaouia et son chef où les délégations et hôtes occidentaux se sentiront à l'aise, avec le prince Tidjani, loin des pressions de la zaouia traditionnelle.  

Entre autres, je citerai les livre de :

- Marthes Bassenne, Aurélie TEDJANI, princesse des sables, 1925.

- José Lenzini, Aurélie, la princesse des sables (1990) et (2007)

- Jean Frison-roches, le Djebel Amour (1978)...

Ici, je vous propose dans le fichier ci-joint une biographie d'Aurélie Picard, rédigée par André Delattre, paru dans le bulletin de la société historique et archéologique de Langres, édité par la Société historique et archéologique de Langres. Musée Saint-Didier (Langres), 2005-10, pp 144-149.

Le document appartient au domaine public et est numérsé par la Bibliothèque nationale de France, département Collections numérisées, provenant du fonds de la BNF. Mis en ligne le 16 janvier 2017.

Note sur dl'auteur de la biographie :

un haut marnais comme Aurélie Picard, DELATTRE (André, Marie, François), Magistrat (E.R.). Né, le  29 juillet 1927 à Langres (Haute-Marne). Magistrat de carrière, il était juge de paix suppléant à Aflou en 1950.

Source www.whoswho.fr 


 

Aurélie Picard, De la verdoyante Haute-Marne aux terres arides du Djebel Amour par André Delattre, in Bulletin de la société historique et archéologique de Langres.

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